Bruxelles, 12/12/2008 (Agence Europe) - La Banque européenne d'investissement (BEI) vient de signer ses premiers contrats en République démocratique du Congo (RDC) depuis 1986. Elle a octroyé au gouvernement de la RDC un prêt de 110 millions d'euros destiné à la Société nationale d'électricité (SNEL), pour la remise en état et l'agrandissement de ses installations actuellement en service sur le site et à proximité des centrales hydroélectriques d'Inga. La BEI a également accepté de régler la question des arriérés concernant la dette ancienne de Gécamines (Générale des carrières et des mines), dernier emprunteur de la RDC à avoir obtenu un prêt de la BEI aux fins de la remise en état de ses installations affectées à la production de cuivre et de cobalt. Ces interventions, explique la BEI dans un communiqué, « témoignent explicitement de l'engagement de l'UE à soutenir les efforts déployés par le gouvernement de la RDC pour instaurer la stabilité politique et encourager le développement économique, tout spécialement en cette période de crise qui bouleverse les marchés financiers internationaux ».
Les centrales d'Inga sont au cœur du dispositif de production d'énergie de la RDC et le projet de remise en état permettra de disposer d'une source d'approvisionnement en électricité fiable et efficiente, à la fois pour la RDC et pour les pays voisins. En assurant le raccordement de nouveaux clients habitant dans les quartiers les plus défavorisés de Kinshasa et en renforçant la capacité du pool énergétique d'Afrique australe, ce projet répondra aux besoins énergétiques nationaux et régionaux. Le prêt de la BEI servira à financer la construction d'une seconde ligne de transport entre Inga et Kinshasa et la remise en état de trois sous-stations dans la région du Katanga. Le gouvernement de la RDC et ses partenaires financiers mettent actuellement au point une série de mesures qui visent à réformer la compagnie SNEL pour lui faire adopter les meilleures pratiques internationales. Dans l'intervalle, les besoins urgents du pays en énergie devraient être couverts en partie par le projet Inga et la BEI compte sur la volonté de la RDC de veiller à la bonne gestion de l'entreprise en question pendant la mise en œuvre de la réforme. Outre le prêt de 110 millions d'euros, la SNEL bénéficiera d'une bonification d'intérêts de 2 % accordée par la BEI, conformément aux recommandations de l'initiative pour la réduction de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE). L'initiative PPTE du FMI et de la Banque mondiale prévoit une action coordonnée de la part de la communauté financière internationale pour garantir qu'aucun pays pauvre ne sera confronté à un endettement qu'il ne peut pas maîtriser.
En décidant par ailleurs d'apurer la part résiduelle de la dette de Gécamines, la BEI honore l'engagement qu'elle a pris envers la RDC en vertu de l'initiative PPTE. La Banque a proposé un mécanisme d'apurement des arriérés prévoyant une réduction progressive de l'encours de cette dette au travers de sa contribution à l'initiative PPTE. Ce plan de recouvrement des arriérés donnera à la BEI la possibilité de relancer son activité de prêt en faveur du secteur public de la RDC, et de la SNEL par exemple, ce qui constitue un maillon essentiel de l'engagement de la BEI à réduire la pauvreté et à stimuler la croissance économique du pays. (O.L.)