Bruxelles, 05/12/2008 (Agence Europe) - Dans des conclusions unanimes, le Conseil Environnement a estimé le 4 décembre que la lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts, qui contribuent à 20% des émissions globales de gaz à effet de serre, est un élément essentiel pour lutter contre le réchauffement planétaire et la perte de la biodiversité. À ce titre, les ministres ont accueilli favorablement la stratégie de la Commission proposant comme objectif à atteindre dans le cadre des négociations climatiques internationales, d'enrayer la diminution de la couverture forestière de la planète en 2030 au plus tard et de réduire de moitié au moins la déforestation tropicale à l'horizon 2020 par rapport à aujourd'hui, avec un financement adéquat (EUROPE n° 9764). Au nom de la Présidence française, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est réjouie de ces conclusions comme d'une « position conjointe présentable à Poznan, sur un sujet objet de l'intérêt croissant des pays en développement », étant entendu qu'à ce stade, « le mécanisme de développement propre profite davantage aux pays émergents » qu'aux pays les plus pauvres. Stavros Dimas, commissaire à l'Environnement, a parlé, lui, d'une « position communautaire solide pour un accord sur l'après-2012 ».
L'argent étant le nerf de la guerre (la Commission estime qu'il faudrait pour ce faire entre 5 et 25 milliards d'euros par an), le Conseil ouvre la possibilité d'un financement par un mécanisme de carbone forestier mondial, comme le suggère la Commission, sans toutefois donner l'exclusivité à cette option. Ce sujet devra être discuté au niveau international, avec les pays en développement, dans le cadre de la conférence de Poznan, soulignent les conclusions.
Le Conseil insiste sur la nécessité de développer des moyens complémentaires d'aider les pays en développement à préserver et à utiliser de manière durable leurs forêts, comme par exemple la promotion du rôle de la conservation et de la gestion durable des forêts, et le renforcement des stocks de carbone forestier.
Le Conseil précise en outre qu'il conviendrait d'encourager la poursuite des comportements vertueux comme la non-déforestation et la reforestation au cours de la période 2013-2020, et invite la Commission européenne à évaluer les implications des crédits générés par un mécanisme financier permettant de lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts. Il exprime sont intérêt pour que le système communautaire d'échanges de quotas d'émissions de gaz à effet de serre puisse participer à ce projet, en tant qu'outil complémentaire à moyen et long terme, en tirant parti de toutes les expériences capitalisées, et après avoir fait suffisamment de progrès sur les questions méthodologiques. (A.N.)