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Bulletin Quotidien Europe N° 9759
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/jai

L'UE joue double jeu en matière de protection des droits fondamentaux, selon des députés

Bruxelles, 10/10/2008 (Agence Europe) - Jeter l'opprobre sur les pays tiers qui violent les droits fondamentaux est aisé, mais c'est un exercice beaucoup plus délicat lorsqu'il s'agit de dresser un état des lieux critique de la situation au sein de l'Union, ont récemment déploré plusieurs députés européens. L'Union européenne applique une politique de « deux poids, deux mesures: jusqu'à l'élargissement, il y a les critères de Copenhague à respecter et, après, la question des droits de l'Homme disparaît alors que les problèmes existent toujours », a regretté la députée européenne Kinga Gal (PPE-DE, hongroise), lors d'une audition organisée, lundi 6 octobre, au Parlement européen à Bruxelles. Le débat, qui rassemblait les membres de la commission des libertés civiles du PE et des représentants d'organisations non gouvernementales, a porté sur divers thèmes comme l'immigration, la discrimination et la liberté d'expression, les droits sociaux et ceux des enfants. Sur tous ces sujets, le constat des intervenants est généralement sévère à l'égard de la politique européenne en matière de droits fondamentaux. Veronika Szente Goldston, directeur pour l'Europe et l'Asie centrale chez Human Rights Watch, souligne que si l'UE se montre exigeante à l'égard des pays candidats à l'adhésion, « il est difficile de faire bouger les choses au niveau interne. Quand nous nous exprimons à Bruxelles, nous avons souvent l'impression que cela ne mène nulle part ». La Britannique Sarah Ludford (ADLE) est même allée plus loin: « Il n'y a pas d'espace de Liberté, de Sécurité et de Justice en Europe, car les États membres pensent à la sécurité, mais pas à la justice ». Sa collègue Sophie In't Veld (ADLE, néerlandaise) a souligné que malgré l'abondance de textes législatifs, des violations des droits fondamentaux « sont considérées comme normales » dans certains États membres. « Si cela continue, nous ne serons plus crédibles », a-t-elle renchéri. Plusieurs intervenants ont pris pour exemple les discriminations dont sont victimes les Roms en Italie. « Nous considérons que s'il y a un domaine où l'Europe a échoué, c'est l'intégration des Roms. Il est fou de dire qu'ils ne subissent la ségrégation que dans l'Est de l'Union. La preuve en est ce qui se passe en Italie », a déclaré Andre Wilkens de l'Open Society Institute. Alors qu'un rapport devrait être adopté avant la fin de l'année sur ces questions, le rapporteur au Parlement, Giusto Catania (GUE/NGL, italien), a souhaité « développer une approche positive » dans ses travaux, afin de « stimuler l'initiative institutionnelle, des ONG et des acteurs sociaux sur le thème des droits fondamentaux », plutôt que de dresser un catalogue de violations. Natalia Alonso, d'Amnesty International, s'est félicitée de ce rapport, « qui relance le débat sur la responsabilité de l'UE en matière de droits de l'Homme ». Michael Cashman (PSE, britannique) a jugé « remarquable, mais beaucoup trop poli » le rapport de M. Catania. « Il faut des noms, les noms des États qui violent les droits fondamentaux », a-t-il réclamé. (B.C.)

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