Bruxelles, 10/10/2008 (Agence Europe) - La déclaration adoptée à l'issue du mini-sommet entre les membres européens du G4 comme les conclusions de l'Écofin saluent les actions menées depuis le début de la crise par la Banque centrale européenne (BCE) en vue de soutenir le système bancaire. Un satisfecit accordé pour ses injections répétées de liquidités, mais qui vaut aussi désormais pour son action sur les taux d'intérêt de la zone euro. La BCE fait ce qu'elle peut et elle le fait bien, se félicitent de nombreux observateurs, qui attendent la même détermination d'autres acteurs européens. C'est notamment l'avis de BusinessEurope qui se réjouit de la baisse des taux décidée mercredi de manière concertée et qui appelle maintenant le Conseil européen à un engagement similaire, celui d'une « responsabilité collective ».
Les opérations de la BCE pour soulager les tensions monétaires ne datent pas d'hier et ont débuté dès les premiers signes des turbulences financières l'année dernière (une première opération d'injection de liquidité à un jour d'un montant de 94 milliards d'euros a ainsi eu lieu le 9 août 2007). Concrètement, la BCE a mis à disposition des marchés des sommes importantes depuis plus d'un an, mais ses opérations ont connu une nette intensification depuis la faillite de la banque américaine Lehman Brothers le 15 septembre dernier.
En raison des risques particulièrement prononcés de défaillances, les banques commerciales se montrent très réticentes à se prêter de l'argent. Pour éviter l'asphyxie du marché, la BCE est forcée d'ouvrir des lignes de crédit supplémentaire. Elle qui agit notamment par le biais d'opérations standards, qui ont lieu à intervalle réguliers et dont la maturité, c'est-à-dire l'échéance à laquelle les banques commerciales devront rembourser la somme avec les intérêts, est toujours la même (7 jours pour les opérations principales de refinancement et 3 mois pour les opérations de refinancement à plus long terme) a procédé récemment à plusieurs opérations extraordinaires.
Un récapitulatif additionnant les sommes mises à disposition au cours des derniers mois ne serait pas très significatif (l'argent que prête la BCE lui est restitué avec les intérêts à l'échéance fixée pour être ensuite réinjecter et ainsi de suite), mais les montants proposés et effectivement alloués illustrent l'intensification récente. Pour répondre à la demande du marché (souvent supérieure), elle a ainsi mis à disposition, le 30 septembre, 120 milliards d'euros (contre 50 milliards pour les dernières opérations régulières bimensuelles) et vient de proposer, le 9 octobre, 50 milliards d'euros avec une échéance à six mois.
Parallèlement à ces opérations en euros, la BCE a également renforcé ses appels d'offres en dollars dans le cadre d'actions concertées avec les autres grandes banques centrales mondiales. Par des accords de « swap » avec la Federal Reserve, qui permettent aux différentes banques centrales de se prêter de l'argent entre elles pour stabiliser le système financier de leurs zones respectives, la BCE peut donc refinancer en dollars les banques commerciales européennes, qui doivent pouvoir faire face à leurs obligations contractées en devise américaine.
Depuis deux semaines, la BCE effectue quotidiennement des opérations d'une maturité d'un jour en dollars et elle vient de publier un calendrier précisant ses intentions au quatrième trimestre de l'année (pour toutes les opérations sur 28 et 84 jours). Le rythme des opérations et les volumes envisagés y sont sensiblement plus soutenus. Après avoir mis 370 milliards de dollars à disposition au cours des neuf premiers mois de l'année, elle prévoit ainsi d'allouer 240 milliards de dollars d'ici la fin de l'année.
Des chiffres « très impressionnants », reconnaissait à l'issue du dernier Eurogroupe, Jean-Claude Trichet, qui rappelait surtout que la BCE était « prête à apporter au marché monétaire toutes les liquidités dont il a besoin et cela aussi longtemps qu'il sera nécessaire ». (A.B.)