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Bulletin Quotidien Europe N° 9759
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/environnement

Pour rester crédible, l'UE doit balayer devant sa porte et s'en tenir aux objectifs du paquet Climat/Énergie, affirme Connie Hedegaard

Bruxelles, 10/10/2008 (Agence Europe) - Connie Hedegaard, ministre danoise du Climat et de l'énergie - portefeuille emblématique de la stratégie intégrée poursuivie par l'UE pour lutter contre le changement climatique - était l'invitée, le 9 octobre à Bruxelles, de la commission temporaire sur le climat du Parlement, que préside Guido Sacconi (PSE, italien). « Nous sommes à la veille de la conférence de Poznan (COP 14, Pologne, décembre 2008) qui doit constituer un tremplin pour la réunion finale de Copenhague. Nous travaillons d'arrache-pied pour favoriser un accord mondial », a déclaré Guido Sacconi, à l'ouverture du débat. Le Parlement européen qui, sera représenté en force à Poznan, avec une délégation de 30 eurodéputés, a vocation à « jouer un rôle de diplomate environnemental pour que les conditions politiques d'un accord post-2012 soient réunies », a-t-il ajouté.

Connie Hedegaard, qui accueillera la COP 15 en décembre 2009 à Copenhague, a assuré qu'elle étudiera attentivement les propositions du Parlement dès que sera disponible le rapport final de la commission Climat que prépare Karl-HeinzFlorenz (PPE-DE, allemand) sur une future politique intégrée de l'UE en matière de changement climatique (vote en commission parlementaire le 2 décembre, et en session plénière en février 2009). Pour la ministre danoise, la lutte contre le changement climatique n'est pas une option, mais un must. « Les éléments scientifiques sont là. Le monde doit être à la hauteur », a-t-elle averti, rappelant que le changement climatique est déjà à l'œuvre, et que l'Afrique subsaharienne est « une région du monde qui souffre déjà ». Et même si le monde n'avait pas à lutter contre le réchauffement, il faudrait absolument être plus efficace, en termes de rendement énergétique et d'utilisation de l'eau, car à la fin du siècle la population mondiale comptera 5 milliards d'humains, et que l'utilisation en eau de l'Inde et la Chine aura doublé entre 2005 et 2030. Pour que les négociations internationales soient un succès, trois conditions doivent impérativement être remplies, estime Mme Hedegaard: 1) « l'UE doit balayer devant sa porte et fixer des priorités dans les semaines à venir » ; 2) il faut définir une vision commune à long terme pour réduire les émissions globales de 50% à l'horizon 2050, et un plan à court terme: -25 à - 40% à l'horizon 2020 (soit -30 à - 50% pour les pays industrialisés) ; 3) il faut « transformer nos économies pour qu'elles soient à faible teneur en carbone ». Avis à bon entendeur.

Mme Hedegaard est convaincue que « nous occuper de sécurité énergétique et de climat ne va pas nous empêcher de gérer la crise financière », bien au contraire, mais contribuer à trouver une solution à long terme pour contrer le problème qui va se poser dans un second temps: celui des pertes d'emplois. « Les réductions d'émissions sont possibles: il faut dire à l'industrie qu'on peut prendre une direction pour les investissements à long terme car 70% des réductions peuvent être réalisées avec les technologies vertes existantes, qui permettent d'épargner donc de réinvestir », a-t-elle souligné. Les technologies écologiques sont devenues une industrie en expansion d'une valeur d'1 milliard d'euros (dont l'Europe assure 1/3) et qui devrait représenter 150 milliards d'euros d'ici à 2010. « L'UE doit rester dans le peloton de tête », sauf à risquer de se voir damer le pion par la Chine.

Pour toutes ces raisons, le conclusions du Conseil européen de mars 2007 fixant des objectifs à l'horizon 2020 sont, selon elle, « tout à fait cruciales », et la capacité de l'UE a conserver son rôle de pionnière est d'autant plus importante, qu'après le non irlandais au référendum sur la constitution européenne, il faut « montrer à l'opinion publique européenne, qu'on est capable de s'entendre sur la mise en musique d' objectifs ambitieux et du partage des efforts entre les États membres ». La priorité, c'est donc d'en terminer avec le paquet Climat/Énergie cette année car les négociations internationales progressent trop lentement. Or, « le succès des négociations internationales dépend de nos discussions. Si nous parvenons à prouver qu'il est possible d'accomplir notre programme, les autres nous suivront », assure la ministre danoise. Elle estime que « la COP 14 doit servir de banc d'essai pour préciser notre analyse ». Ensuite il faudra changer de vitesse et définir ce qui est en jeu. « Poznan devrait marquer ce changement de vitesse par une vision partagée et un programme solide », ajoute la ministre danoise.

Répondant à Riitta Myller (PSE, finlandaise) qui lui demandait comment convaincre, au sein du Conseil, les États membres récalcitrants, comme à Chris Davies (ADLE, britannique), inquiet de la volonté de certains eurodéputés de vouloir ralentir le processus, quant il y a consensus au Parlement sur la nécessité de « mettre le turbo » sur le paquet Climat/Énergie, Mme Hedegaard a répété: «Nous devons conclure avant la fin de la Présidence française. Il faut s'en tenir à l'objectif fixé. Les choses ne seront pas faciles mais les problèmes ne disparaîtront pas si nous reportons l'accord. Alors pourquoi attendre ? ». En réponse à Satu Hassi (Verte finlandaise), qui lui demandait ce que l'UE peut offrir aux pays en développement, la ministre danoise a insisté sur la nécessité de garantir à ces pays des revenus stables en évitant l'écueil d'un système international à gérer année après année. Le transfert de technologies et le fonds d'adaptation sont, selon elle, une bonne chose, « mais les connaissances et les meilleures pratiques doivent aussi circuler ». En réponse à Peter Liese (PPE-DE, allemand), Mme Hedegaard a dit: « Le passage de -20% à -30% en cas d'accord international doit être automatique, un point c'est tout. Après être parvenus plus ou moins à un accord sur le partage du fardeau il y a quelques mois, il faut absolument éviter de rouvrir la boîte de Pandore. Si nous retardons les choses, qu'est-ce qui nous garantit qu'au printemps nous pourrons avoir un accord avec un nouveau Parlement et une nouvelle Commission ? Nous avons maintenant une fenêtre de tir ». Ne pas l'utiliser serait, à son avis, compromettre les chances d'un accord international car l'UE perdrait en crédibilité si après 19 mois de négociations elle n'était même pas capable de parvenir à un accord interne. Sa réponse a été applaudie. (A.N.)

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