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Bulletin Quotidien Europe N° 9747
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/États-unis

José Manuel Barroso décrit sa relation rêvée avec le prochain président des États-Unis

Bruxelles, 24/09/2008 (Agence Europe) - Dans un discours prononcé, mercredi 24 septembre à l'Université de Harvard aux États-Unis, le président de la Commission européenne a donné lecture d'une lettre adressée au prochain président américain.

« J'ai entendu certains dire que l'Europe est une puissance régionale qui se renforce. En fait, ils se trompent. Je dois vous expliquer dans cette lettre que l'UE est un acteur mondial », affirme José Manuel Barroso qui rappelle notamment que: l'UE constitue un marché unique et dynamique d'un demi million de personnes qui utilisent l'euro, la deuxième devise la plus importante dans le monde ; une part importante des plus grandes multinationales vient d'Europe et 70% des Américains travaillant pour des compagnies étrangères travaillent pour des entreprises européennes ; l'UE partage les mêmes valeurs que les États-Unis (démocratie et droits de l'Homme) ; l'UE est un acteur de plus en plus important de la paix et de la sécurité internationale, avec près de 100 000 observateurs, policiers, militaires sur le terrain ; l'UE est le plus important bailleur d'aide au développement, fournissant pas moins de 60% de l'aide au niveau mondial. « Mais dans ces temps incertains, l'UE a besoin des États-Unis et, oui, les États-Unis ont besoin de l'UE plus que jamais », poursuit le président de la Commission européenne avant d'évoquer les atouts et les dangers de la mondialisation, la crise financière qui impose l'adoption de règles plus claires et plus efficaces, les pandémies, le terrorisme, le changement climatique. Autant de « défis qui ne respectent pas les frontières nationales ». Conclusion: « L'Amérique et l'Europe n'ont pas d'autre choix que de les affronter ensemble ».

José Manuel Barroso explique qu'il n'est « pas d'accord avec ceux qui professent qu'un monde multipolaire va résoudre tous les problèmes actuels » et qu'il fait plutôt confiance aux partenariats et à l'approche multilatérale. Il appelle le futur président américain à soutenir le Conseil économique transatlantique lancé l'an dernier par George W. Bush, Angela Merkel et lui-même et à contribuer au renforcement de l'économie transatlantique. Dans le contexte multilatéral, il plaide pour une réforme des institutions internationales.

« La sécurité dans le cadre transatlantique est d'abord et avant tout un dossier pour l'OTAN. Au moment où nous préparons le 60ème anniversaire, qui sera célébré à Strasbourg l'an prochain, nous devons nous souvenir des décennies de paix que l'Alliance nous a données », a dit M. Barroso avant d'ajouter: « De façon complémentaire à l'OTAN, l'UE est aussi - de plus en plus et avec une efficacité reconnue - en train de contribuer à la paix et la sécurité avec un ensemble d'instruments de gestion des crises ». Et de conclure: « Nous avons le marché transatlantique, l'OTAN, le Conseil économique transatlantique et d'autres instruments que nous devons continuer à exploiter pour le plus grand bénéfice mutuel. Mais je pense que nous devons aller plus loin et identifier un ensemble d'actions communes en vue d'un nouveau multilatéralisme dont pourra bénéficier le monde entier. Le changement climatique, le commerce, le développement, le terrorisme sont autant de défis qui appellent les Européens et les Américains à s'accorder sur un nouvel agenda multilatéral ». (O.J.)

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