Bruxelles, 24/09/2008 (Agence Europe) - Les patrouilles maritimes menées en Méditerranée centrale ne permettent pas de lutter efficacement contre l'immigration illégale, selon Ilkka Laitinen, le directeur de l'agence pour les frontières extérieures de l'UE, Frontex. « Malheureusement, l'augmentation des patrouilles menées par l'UE en Méditerranée n'arrive pas à empêcher la recrudescence des clandestins atteignant par voie de mer l'Italie, Malte et la Grèce », a indiqué, samedi 20 septembre, M. Laitinen, à Bruxelles, selon The Times of Malta. Chiffres à l'appui, il reconnaît que la situation devient « de plus en plus alarmante ». En effet, le nombre d'arrivées sur l'île italienne de Lampedusa a augmenté de 190 % au cours du premier semestre 2008, comparé à la même période en 2007. Malte a quant à elle enregistré une augmentation de 32 % par rapport à 2007. Si l'un des principaux problèmes reste le manque de volonté de la Libye à empêcher les départs d'immigrants illégaux de ses côtes, M. Laitinen relève également que la présence des patrouilles de l'UE dans la zone constitue un facteur aggravant. « C'est le plus malheureux de l'histoire. Nous avons un niveau accru d'activités opérationnelles qui servirait de facteur d'attraction pour les trafiquants », a déploré M. Laitinen. À cet égard, il explique que les trafiquants forcent les immigrants à couler les bateaux sur lesquels ils naviguent près des côtes de Malte et de Lampedusa afin d'être sauvés par les navires de Frontex et se faire ramener à terre. Nautilus III est le nom de la mission européenne coordonnée par Frontex en Méditérranée centrale pour surveiller l'espace maritime se trouvant entre la Sicile, Malte et la Libye. Cinq États membres participent à la mission (Malte, Italie, France, Allemagne et Grèce), pour un coût total de 8 millions d'euros. Depuis le début de la mission en mai, les statistiques de Frontex montrent que 12641 immigrants illégaux sont arrivés à Lampedusa et 2192 à Malte. Aucun immigrant n'a été reconduit en Libye, cette dernière niant toute responsabilité dans le départ des clandestins à partir de ses côtes. Les propos du directeur de Frontex sur l'inefficacité des patrouilles de l'UE ont été démentis par le ministre maltais de l'Intérieur, Carmelo Mifsud Bonnici, qui estime au contraire que la situation aurait pu être pire si Frontex n'était pas présente sur place. « Frontex est une bonne chose et elle serait plus utile si il y avait une présence plus forte en Méditérranée », a-t-il dit. (B.C.)