Bruxelles, 16/09/2008 (Agence Europe) - La commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes, s'est engagée, mardi 16 septembre, à se prononcer le plus vite possible sur la conformité au droit communautaire des plans de restructuration pour la privatisation des chantiers navals polonais. « Mon personnel et moi sommes conscients du fait que l'incertitude a duré trop longtemps dans ce cas », a-t-elle dit. En cas de réponse négative de la Commission, les chantiers de Gdansk, Gdynia et Szczecin pourraient se voir dans l'obligation de rembourser plus de 2,3 milliards d'euros au trésor polonais, ce qui sonnerait leur glas. La dernière version des plans a été déposée à la Commission vendredi dernier, et comprend un élément d'investissement privé nettement plus important que dans les versions précédentes (voir EUROPE n° 9740). La réticence polonaise à réduire la capacité des chantiers s'explique par leur importance culturelle et économique. 15 000 employés y travaillent directement, et le nombre d'emplois qui en dépendent indirectement est estimé à 45 000. En outre, le chantier de Gdansk est le lieu de naissance du mouvement syndicaliste Solidarnosc. La Commissaire, s'exprimant devant la presse après une réunion avec des représentants des ouvriers polonais, n'a pas indiqué dans quel sens la Commission pensait trancher. Elle a toutefois rappelé le cas des chantiers allemands et espagnols, qui se sont vus dans l'obligation de réduire sensiblement leurs capacités afin de se mettre en conformité avec le droit communautaire sur les aides d'État. (C.D.)