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Bulletin Quotidien Europe N° 9741
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/turquie

Ankara fait valoir son importance géopolitique dans le Caucase pour accroître ses perspectives d'adhésion à l'UE - La Présidence française se veut « impartiale » dans les négociations d'adhésion

Bruxelles, 16/09/2008 (Agence Europe) - La Turquie estime que le conflit en Géorgie et l'instabilité dans le Caucase confirment et augmentent encore davantage l'intérêt politique et géostratégique de l'Union européenne à ce qu'elle soit admise comme pays membre à part entière. « Les conflits régionaux (dans le Caucase) et les développements dans notre voisinage commun nécessitent une étroite coopération entre la Turquie et l'UE. Une Union européenne qui aurait la Turquie parmi ses membres pourrait jouer un rôle important pour la paix mondiale, la stabilité et la prospérité », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ali Babacan, lundi 15 septembre à Bruxelles, dans la soirée. S'exprimant devant la presse à l'issue d'une réunion avec la troïka ministérielle de l'UE, M. Babacan a estimé que « l'inclusion de la Turquie dans la vision d'avenir de l'Union européenne serait une composante stratégique importante qui renforcerait le pouvoir politique et diplomatique de l'Europe ». La Turquie est inquiète de l'évolution dans le Caucase et souhaite s'impliquer directement dans un dialogue régional en vue de trouver des solutions aux nombreux « conflits gelés », a dit le ministre. À cette fin, Ankara a lancé l'idée de créer une « plateforme pour la coopération et la stabilité dans le Caucase ». Des consultations sont en cours avec tous les pays de la région « qui ont tous exprimé leur intérêt à y participer », a dit M. Babacan. Une fois ces consultations achevées, la plateforme sera rapidement mise en place. La troïka de l'UE, dirigée lundi par le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet (au nom de la Présidence française), s'est félicitée du « rôle très actif » joué par la Turquie dans la gestion du conflit en Géorgie et dans l'effort général en vue d'intensifier le dialogue régional entre tous les acteurs du Caucase. « Nous considérons que l'initiative turque visant la création d'une plateforme sur le Caucase est une contribution significative à la stabilité et à la sécurité dans la région », a dit M. Jouyet qui, dans ce contexte, a aussi salué la récente visite du président turc Abdoullah Gül en Arménie. Même satisfaction du côté du Commissaire Olli Rehn qui salue le « rôle diplomatique positif et constructif » joué par Ankara dans la crise géorgienne. « Cela démontre que la Turquie a une importance cruciale pour l'UE dans ses efforts visant à assurer la paix et la stabilité dans son voisinage et dans le Moyen-Orient élargi », a dit M. Rehn.

Chypre. M. Jouyet a salué « l'ouverture nouvelle » créée par le lancement des négociations directes entre le président de la République de Chypre, Demetris Christofias, et le dirigeant de la communauté chypriote-turque, Mehmet Ali Talat, sur la réunification de l'île. L'UE espère que ces pourparlers conduiront aussi à la « pleine normalisation » des relations entre Chypre et la Turquie, a dit M. Jouyet qui demande par ailleurs des progrès dans le règlement des différends frontaliers entre la Turquie et la Grèce. Le Commissaire Olli Rehn a assuré aux négociateurs sur la question chypriote « l'assistance juridique et technique de la Commission » si une telle aide était souhaitée. Il est important que le pays réunifié qui pourrait résulter des négociations en cours soit en mesure de respecter entièrement ses engagements en tant que pays membre de l'UE, a souligné M. Rehn. Ali Babacan a insisté sur la nécessité de maintenir les négociations sur la question chypriote dans le cadre des Nations Unies et de parvenir à une solution finale qui crée « deux États égaux ». Il a aussi insisté sur l'importance du « facteur temps », demandant que l'on fixe « une échéance, un calendrier », de façon à éviter que les pourparlers ne s'enlisent.

Réformes en Turquie. La troïka de l'UE a salué les nombreuses réformes déjà entreprises (M. Jouyet a cité la réforme du code pénal, les améliorations en matière de liberté d'expression, de religion et d'association, le contrôle politique de l'armée), mais a aussi « encouragé l'intensification des efforts dans tous les domaines ». Le Commissaire Rehn a en particulier insisté sur la réforme de la Constitution turque qui est « cruciale et urgente », afin de « protéger les droits et libertés des citoyens ». Ali Babacan a défendu le travail réalisé par le gouvernement et le Parlement qui, en dépit de la grave crise politique, « a pu adopter 29 textes législatifs liés aux réformes au cours de la session parlementaire 2007-2008 », dont la loi sur les fondations et la réforme de l'article 301 du code pénal. Un programme national de réformes pour les années 2008-2012 est en cours d'élaboration en consultation avec les acteurs socio-économiques et la société civile. Contenant « plus de 400 démarches législatives », ce programme sera l'épine dorsale des réformes en Turquie, a dit M. Babacan.

Négociations d'adhésion. « Notre objectif, c'est l'adhésion pure et simple à l'Union », a souligné
M. Babacan qui affirme que « la Turquie partage les mêmes valeurs que l'UE ». Ankara espère que plusieurs nouveaux chapitres de négociation pourront être ouverts d'ici la fin de l'année. Jean-Pierre Jouyet a assuré que la Présidence française de l'UE mènera les négociations avec la Turquie « de manière tout à fait objective, impartiale et équitable », en dépit du fait que la France est contre l'adhésion du pays à l'UE. « Nous voulons ouvrir de nouveaux chapitres avant la fin de l'année. Un, deux, trois ? On verra », a-t-il dit. Le Commissaire Rehn a estimé qu'au moins deux chapitres devraient être prêts à être négociés (libre circulation des capitaux, société de l'information) auxquels pourrait s'ajouter éventuellement un troisième (énergie). H.B.

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