Bruxelles, 03/07/2008 (Agence Europe) - L'UE doit faire preuve de plus de transparence lorsqu'il s'agit de sécuriser ses frontières et celles de l'espace Schengen. C'est la principale idée qui ressort d'une audition, organisée, lundi 30 juin, au Parlement européen, entre députés européens, nationaux et experts, sur le thème de la gestion intégrée des frontières de l'UE. Parmi les sujets abordés figuraient notamment celui du Système d'Information Schengen de seconde génération (SIS II), qui devrait devenir opérationnel en septembre 2009.
Le rapporteur du Parlement sur SIS II, le Portugais Carlos Coelho (PPE-DE), a rappelé que concernant la mise en place du SIS II, qui découle de l'incorporation de nouvelles données, notamment biométriques, il existait un « besoin de transparence », car les citoyens veulent savoir ce qui se passe, et « nous voulons que les droits fondamentaux soient respectés ». À ce propos, Georges de la Loyère, président de l'Autorité commune de contrôle de Schengen, a appelé les députés à être « vigilants » sur les textes qui leur seront soumis, afin, dit-il, « que l'on reste dans la légalité ». Le débat a ensuite porté sur les trois propositions de la Commission visant une gestion intégrée des frontières extérieures (EUROPE n° 9600). La députée néerlandaise Jeanine Hennis-Plasschaert (ADLE), rapporteur sur le système entrée/sortie, a regretté que « les propositions se succèdent à grande vitesse, alors que l'on n'a toujours pas reçu de plan global ». Selon elle, « toutes ces mesures vont venir s'ajouter à l'existant, et auront un coût et une incidence sur la protection de la vie privée, sans que l'on sache quelle sera leur valeur ajoutée ». Sarah Ludford (ADLE, britannique), qui prépare un rapport d'initiative sur le profilage, a relevé « un intérêt croissant pour tout ce qui a trait au profilage des données pour détecter des criminels potentiels ». Pourtant, note-t-elle, « cela pourrait aller à l'encontre du droit, et même être contre-productif ». Cet avis a également été partagé par Peter Hustinx, le Contrôleur européen de la protection des données, pour qui le profilage « pose énormément de problèmes » car « il s'agit de généralisation et de catégorisation (...), cela entraîne un appétit de données et favorise le soupçon envers ce que les personnes pourraient faire, et non ce qu'elles ont fait ». (B.C.)