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Bulletin Quotidien Europe N° 9696
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/jai

Appel en faveur d'une amélioration de certains instruments de lutte contre le terrorisme

Paris, 03/07/2008 (Agence Europe) - Lors de ses journées d'études à Paris, le groupe PPE-DE du Parlement européen a insisté, mercredi 2 juillet, sur l'importance d'aller plus loin dans la lutte contre le terrorisme, une véritable « gangrène pour nos démocraties », selon les mots de Joseph Daul. Plusieurs orateurs ont insisté notamment sur l'importance d'améliorer le partage des données et la connaissance des mécanismes de recrutement des terroristes.

L'Espagnol Jaime Mayor Oreja, qui est vice-président du groupe du PPE-DE au PE, a fait trois réflexions: - on ne lutte pas contre un phénomène mais contre une organisation (les terroristes ont des objectifs, des moyens…) et il y a deux manières de procéder pour s'en débarrasser (négocier avec eux ou les éliminer de la société) ; - il faut identifier le type de terrorisme dont le pays souffre ; - il faut passer d'une UE virtuelle à une UE réelle dans la lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, l'UE doit mieux coopérer avec les États-Unis dans la lutte contre le terrorisme.

Walid Phares, de la Fondation européenne pour la démocratie, dont le siège est à Bruxelles, a fait une analyse du « terrorisme djihadiste » et souligné la nécessité, pour les pays européens, de définir l'idéologie de ces terroristes pour « libérer les communautés arabo-musulmanes du racisme ». Il a préconisé aussi de soutenir les forces démocratiques dans le monde arabe et musulman.

William Shapcott, le directeur du Centre de situation conjoint de l'Union européenne (SITCEN), a précisé qu'un dixième des personnes qui reviennent des terres de djihad (comme l'Afghanistan) envisagent de participer à des actes terroristes.

Gilles de Kerchove, le coordinateur anti-terroriste de l'Union européenne, a estimé que des efforts restent à faire (voir aussi EUROPE n° 9559) surtout dans deux des quatre axes de la stratégie de lutte contre le terrorisme arrêtée en 2005, à savoir la prévention et la réponse (les deux autres sont la protection et la poursuite). En matière de prévention, M. de Kerchove a rappelé que la Commission européenne « hésite » à présenter une communication sur le problème de la radicalisation pour ne pas « stigmatiser une communauté ». Pourtant, la Commission « a des choses à nous dire » sur ce sujet (éducation ou formation des imams, dialogue interculturel…), car elle a collecté les meilleures pratiques des pays de l'UE dans ce domaine. Gilles de Kerchove a trouvé 5 États membres de l'UE qui acceptent de prendre le leadership pour aller plus vite dans certains domaines: le contre-discours pour neutraliser les thèses des terroristes, la formation des imams ou encore la police de proximité. En matière de réponse, il faudrait augmenter les capacités de résistance des États membres, mobiliser les ressources de l'UE au Sahel et au Pakistan, et renforcer le dialogue transatlantique. Il a cité aussi des améliorations à faire dans les deux autres axes. S'agissant de la protection, il convient de mettre l'accent sur la protection des infrastructures critiques et les nouvelles technologies de sécurité (il y a une enveloppe de 1,4 milliard d'euros prévue à cette fin pour la période 2007-2013). En matière de poursuite, il a appelé de ses vœux la définition par le Conseil (en association avec le PE) « des contours d'une politique européenne de collecte et de partage des données », la création d'un « vrai » mandat d'obtention des preuves, ou encore une meilleure collaboration entre Europol et Eurojust. Enfin, il a conseillé que les services de renseignement travaillent avec la police. (L.C.)

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