Bruxelles, 20/06/2008 (Agence Europe) - À une semaine du second tour des élections présidentielles prévues le 27 juin au Zimbabwe, et alors que l'opposition envisage de se retirer pour ne pas prêter le flanc à une parodie de la démocratie, le Conseil européen a durci le ton, vendredi 20 juin à Bruxelles, à l'égard des responsables de la campagne d'intimidation, des violences perpétrées, et des mesures prises contre les ONG pour suspendre l'aide et l'accès international aux zones rurales. « Nous prions instamment le Zimbabwe de retrouver la voie d'un processus le plus démocratique possible et exprimons l'espoir que les observateurs africains rempliront leur mission du mieux qu'ils pourront », a commenté Dimitrij Rupel, ministre slovène des Affaires étrangères.
Dans ses conclusions, le Conseil européen se dit « profondément préoccupé » par la situation et rappelle la nécessité d'un déroulement du scrutin pacifique, libre et régulier, conforme aux normes internationales et au droit des Zimbabwéens de choisir librement leur avenir. Regrettant le refus opposé à sa proposition de participer à l'observation des élections, l'UE invite la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe) et l'Union africaine à dépêcher le plus rapidement possible un nombre important d'observateurs électoraux et à veiller à ce que leur présence soit assurée jusqu'à la proclamation officielle des résultats. Le Conseil rappelle qu'il est prêt à prendre d'autres sanctions, que celles déjà appliquées au président Robert Mugabe et une liste de personnes proches de son régime, contre les auteurs d'actes de violence.
Devant la presse, Gordon Brown, le Premier ministre britannique, a déclaré: « Le régime désespéré et de plus en plus isolé de Mugabe a ouvert les vannes à davantage de violence encore. C'est une tentative criante d'intimidation et de vol des élections. C'est un abus de pouvoir éhonté et obscène. Si le Zimbabwe veut avoir une chance que le monde considère cette élection comme libre et démocratique, la violence doit cesser immédiatement », a-t-il déclaré. Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, a dénoncé, lui « l'agressivité énorme et inhumaine de Mugabe et sa clique contre l'opposition ». Ce qui se dessine, selon lui, « c'est une solution à la Kenya dans laquelle Mugabe va occuper une position de leader dans la négociation ». (A.N/C.D.)