Bruxelles, 20/06/2008 (Agence Europe) - Le président français Nicolas Sarkozy a souligné, vendredi 20 juin à Bruxelles, en marge du Conseil européen, qu'il fallait rejeter tout accord à l'OMC sur la libéralisation des échanges commerciaux tel qu'il se présente aujourd'hui. Un sujet qui a pesé lourd dans la campagne en Irlande où les citoyens ont majoritairement dit « non » au Traité de Lisbonne.
En rappelant que la question de l'OMC a été une question « clairement évoquée en Irlande » pendant la campagne, M. Sarkozy a estimé qu'il « serait invraisemblable que l'UE continue à négocier un accord où l'UE n'a rien obtenu sur les services et l'industrie, et qui conduirait à baisser de 20% la production agricole européenne dans un monde où il y a 800 millions de personnes qui meurent de faim ». Sur ces bases là, « pour nous c'est non », a renchéri le président français, avant de conclure: « si on veut accroître la crise irlandaise, il n'y a qu'à remettre une couche là-dessus et continuer sur un accord totalement déséquilibré à l'OMC ». Il a directement reproché à Peter Mandelson, le commissaire européen au Commerce, d'être responsable de l'offre déséquilibrée de l'UE dans le cycle de Doha.
Parmi les raisons qui ont conduit les Irlandais à voter « non » au référendum sur le Traité de Lisbonne figure notamment la crainte des agriculteurs irlandais qu'un accord à l'OMC, tel que négocié actuellement, ne menace l'élevage bovin et la production laitière du pays. (L.C.)