Bruxelles, 20/06/2008 (Agence Europe) - Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé de lever les sanctions diplomatiques européennes à l'encontre de Cuba, jeudi 19 juin, en marge du Conseil européen. L'objectif de l'Union européenne est d'encourager les autorités cubaines à maintenir le rythme des réformes engagées depuis la passation de pouvoir entre les frères Castro. La décision formelle de lever les sanctions sera prise lundi prochain lors de la réunion des ministres de l'Agriculture.
À la tête des États membres ayant œuvré en faveur de la levée des sanctions, le gouvernement espagnol s'est félicité de cette décision. « L'Espagne a une responsabilité » particulière dans les relations entre l'UE et Cuba, a déclaré vendredi 20 juin le Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero. Considérant essentiel le soutien de l'UE en faveur d'« une politique de dialogue » avec Cuba, il a estimé nécessaire de « profiter et intensifier cet espace de dialogue ». Jeudi soir, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Ángel Moratinos, avait jugé que les sanctions, décidées en 2003 après l'arrestation de 75 dissidents cubains et gelées depuis 2005, n'avaient servi à rien. Il avait aussi espéré possible de créer les conditions pour aboutir à la signature d'un accord d'association avec Cuba en 2010 sous Présidence espagnole. Il y a une « transition réelle à Cuba qui nous amène à ouvrir notre porte », a expliqué Dimitrij Rupel, ministre slovène des Affaires étrangères, en exprimant « l'espoir que Cuba change ». Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a observé que l'objectif de la levée des sanctions était d'« avoir un meilleur levier, une meilleure pression pour le dialogue sur les droits de l'Homme ».
La République tchèque, la Suède et l'Allemagne ont exprimé jusqu'au dernier moment leur réticence à l'égard d'une levée des sanctions européennes. « Nous sommes encore divisés sur la manière de juger la situation à Cuba », a reconnu M. Asselborn. Pour satisfaire ces trois pays, il a été décidé de revoir en juin 2009 la situation politique dans l'île. « Nous allons examiner chaque année la situation des droits de l'Homme et sur cette base décider si nous continuons ou non notre politique envers Cuba », avait souligné jeudi soir le chef de la diplomatie tchèque Karel Schwarzenberg. « Certains ont vu des changements importants. Mon microscope n'est pas assez puissant pour localiser ces changements particuliers », avait commenté avec scepticisme le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt.
La décision de lever les sanctions diplomatiques européennes à l'encontre de Cuba a été accueillie favorablement par le Commissaire européen chargé du Développement, Louis Michel. « Je suis très heureux que l'UE ait pris cette décision unanime » qui « ouvre la voie à un dialogue plus ouvert et franc entre Bruxelles et La Havane sur une série d'enjeux comprenant les droits humains, l'environnement, la science et la technologie », déclare-t-il dans un communiqué. (M.B.)