Selon l'étude « World Retail Banking Report » réalisée par Capgemini, Efma et ING, les tarifs bancaires ont baissé en 2007 d'environ 1% en moyenne. Ainsi, les consommateurs ont payé en moyenne l'an dernier 70 euros leurs services bancaires (gestion de compte, moyens de paiement, utilisation d'espèces, gestion des exceptions). Une moyenne qui cache néanmoins des disparités. L'enquête a été réalisée auprès de 194 banques situées dans 26 pays. Géographiquement, les prix ont augmenté en moyenne de 5,7% en Amérique du Nord (soit 79 euros payés par les consommateurs pour leurs services bancaires) mais chuté de 11% en Asie-Pacifique (52 euros), et ils sont restés quasiment stables en Europe (0,8%), avec une moyenne de 70 euros déboursés par les consommateurs. Les évolutions tarifaires divergent selon les produits. Si les prix des moyens de paiement baissent, en particulier en Europe (-6%), comme ceux des services à distance (banques en ligne, retrait au distributeur), le coût de la gestion des accidents bancaires (oppositions sur les cartes, etc.) s'est pour sa part stabilisé et l'utilisation des chèques ou le retrait des espèces au guichet ont, eux, augmenté. Ces tendances reflètent « l'objectif des banques d'influencer le comportement des consommateurs par leurs stratégies de tarification », note l'étude, en particulier de privilégier Internet par rapport au guichet. Ainsi, les tarifs des opérations en ligne ont baissé de 60% en 2007, poussant les consommateurs à se tourner vers cette pratique moins coûteuse. D'après Capgemini-Efma, la stabilité tarifaire est de moins bon augure pour les banques qui pourraient perdre plus d'un tiers de leurs revenus d'ici 2017 si elles ne se réforment pas. Les auteurs ont identifié trois modèles de distribution « permettant d'aller au-delà du modèle traditionnel le plus performant »: 1) « vendre mieux » en ciblant davantage les segments de clientèles (banques low cost, communautaire, privée) ; 2) « vendre plus » (des services à domicile, etc.) ; 3) « vendre autrement » (via un courtier, Internet, etc.). De plus en plus, le secteur bancaire doit s'inspirer du monde de la distribution, en s'orientant vers une stratégie multimarques afin d'organiser la concurrence au sein de son propre groupe, estime Patrick Desmarès, secrétaire général de l'Efma.