Bruxelles, 17/03/2008 (Agence Europe) - L'idée récemment présentée par la Commission européenne de remplacer les vieux visas papiers par un nouveau système électronique n'est pas encore mûre, selon le ministre slovène de l'Intérieur Dragutin Mate. Avant de prendre son congé de la Commission, le commissaire chargé de la Sécurité Franco Frattini avait envisagé le remplacement des actuels visas, selon lui, « obsolètes », par un système d'autorisation électronique de voyage (Electronic System of Travelling Authorisation - ESTA). Cette option avait été présentée mercredi 12 mars, à l'occasion d'une conférence ministérielle sur la sécurité aux frontières en Slovénie (EUROPE n° 9622). La mise en place d'un tel système serait cependant prématurée, a indiqué peu après la conférence M. Mate, dans un entretien donné à EUROPE. « Tout d'abord, pour créer ce système, nous devons avoir une base légale. Je pense que c'est un long processus », a affirmé le ministre, estimant qu'un tel procédé pourrait voir le jour d'ici 5 ans. « Nous devrons voir au travers des discussions si nous pouvons remplacer le système de visa d'ici là. Pour l'instant, c'est trop tôt pour le dire », a jugé M. Mate. A terme, le commissaire Frattini avait envisagé la connexion de l'ESTA européen avec un système similaire qui doit bientôt voir le jour aux Etats-Unis. D'autres technologies destinées à renforcer la sécurité aux frontières ont également été discutées par les ministres en Slovénie, comme par exemple la création d'un système d'entrée/sortie et du système électronique d'enregistrement des voyageurs de bonne foi (bona fide). Compte tenu de la nouveauté de ces propositions et des objections de certains Etats, M. Mate a déclaré qu'il fallait laisser faire le processus politique normal et que des résultats pourraient être atteints d'ici 4 à 5 ans. Concernant la directive Retour, que le Parlement européen doit voter en mai, et qui rencontre toujours des difficultés, le ministre a dit espérer qu'un compromis puisse être trouvé avec le Parlement. Selon lui, le calendrier prévoit suffisamment de flexibilité pour aboutir à un accord sur ce dossier. Au final, M. Mate est revenu sur les tentatives de trouver un accord interinstitutionnel entre le Conseil et le PE en vue préparer de concert un programme législatif interinstitutionnel spécifique relatif à l'espace de justice, de liberté et de sécurité (JLS) pour les années 2008 et 2009, dans la perspective de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. Il a rappelé qu'il fallait distinguer entre les propositions en phase de finalisation, comme Europol, qui devrait arriver à terme d'ici 1 à 2 mois, et celles toujours en discussion entre les Etats membres. « Nous ne pouvons pas attendre l'an prochain avec Europol », a-t-il martelé. (B.C.)