Bruxelles, 17/03/2008 (Agence Europe) - Le gouvernement polonais pourrait décider de ratifier le Traité de Lisbonne par voie de référendum au cas où le principal parti d'opposition à la Diète, « Droit et Justice » (PiS), dirigé par l'ancien Premier ministre Jaroslaw Kaczynski, mettrait à exécution sa menace de bloquer la ratification parlementaire du nouveau traité de l'UE. « J'espère toujours que les responsables du PiS prendront leurs responsabilités et qu'on parviendra à une situation d'équilibre, dont la Pologne a besoin », a déclaré le Premier ministre Donald Tusk à la presse à l'issue du Conseil européen le 14 mars à Bruxelles. Dans le cas contraire, « un référendum serait une solution ultime », a-t-il ajouté.
La semaine dernière, M. Kaczynski avait menacé de bloquer la ratification du Traité de Lisbonne si le texte de la loi de ratification, proposé par le gouvernement, n'était pas modifié. Selon M. Kaczynski et le PiS, la loi de ratification devra préciser que les multiples exemptions et arrangements spéciaux négociés par la Pologne au sein de la CIG ne pourront pas être remis en cause par un gouvernement polonais sans l'accord préalable du parlement et du président polonais. Il demande aussi d'inscrire la primauté absolue de la constitution polonaise sur le traité de l'UE. La ratification du traité par la Pologne doit être votée à la majorité qualifiée des deux tiers des 460 députés. Or, le PiS dispose d'un peu plus d'un tiers des sièges (159 députés), soit suffisamment pour bloquer la ratification. L'attitude du PiS est « très mauvaise pour la Pologne », a jugé M. Tusk. « Jaroslaw Kaczynski a fait preuve d'une irresponsabilité extrême, en mettant en cause les intérêts fondamentaux de la Pologne », a-t-il déploré. (H.B.)