Bruxelles, 17/03/2008 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de l'élargissement, Olli Rehn, voit d'un très mauvais œil la décision du procureur général de la Cour de cassation turque de demander la dissolution du Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan pour « activités anti-laïques ». Pour M. Rehn, cette initiative viole le principe de la séparation des pouvoirs et risque, par ailleurs, de freiner ou de mettre un terme aux réformes en cours pour préparer la Turquie à sa future entrée dans l'UE. « Nous respectons la séparation des pouvoirs. L'exécutif ne devrait pas se mêler du travail de la Cour et le système judiciaire ne devrait pas se mêler des affaires des partis démocratiques (…) Conformément à la constitution, les principes démocratiques devraient être également respectés par le système judiciaire », a-t-il dit, a commenté M. Rehn lors d'une conférence organisée par le Brussels Forum samedi 15 mars à Bruxelles. Lundi 17 mars, un porte-parole de la Commission a précisé que pour M. Rehn, « le pouvoir judiciaire ne doit pas empiéter dans un débat politique qui a lieu au parlement (…) Il faut que ce débat (sur la laïcité de l'Etat turc) ait lieu au parlement et non pas dans les cours de justice (…) Dans ce débat, le niveau politique doit prévaloir ». M. Rehn a aussi exprimé l'espoir que cet « incident » ne déviera pas l'attention des autorités turques des réformes en cours et qu'il ne retardera pas l'adoption des mesures indispensables pour préparer l'adhésion du pays à l'UE. (H.B.)