Strasbourg, 13/03/2008 (Agence Europe) - Le Parlement européen invite les autorités arméniennes à lever l'état d'urgence assoupli par décret présidentiel du 10 mars 2008, à rétablir la liberté d'information et à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer un retour à la normalité.
Dans une résolution commune de ses principaux groupes politiques (PPE-DE, PSE, ADLE, UEN, Verts/ALE et GUE/NGL), adoptée jeudi 13 mars à Strasbourg, le Parlement exprime son inquiétude à l'égard de la récente évolution de la situation en Arménie, dont l'intervention violente de la police lors des manifestations organisées par l'opposition, qui a entraîné la mort de huit personnes, dont un officier de police, et a fait des centaines de blessés. Les résultats officiels de l'élection présidentielle du mardi 19 février en Arménie ont consacré la victoire, au premier tour, du Premier ministre Serzh Sarkisian, mais ces résultats ont été contestés par l'un des dirigeants de l'opposition, Levon Ter-Petrosian.
Les parlementaires demandent que les événements du 1er mars fassent l'objet d'une enquête « rapide, complète, transparente, indépendante et impartiale », notamment l'intervention de la police lors de la dispersion des manifestants, et que toutes les personnes responsables d'un mauvais comportement et d'actes de violence soient déférées devant la justice et punies. Selon le Parlement européen, les autorités arméniennes doivent aussi libérer les citoyens détenus pour avoir exercé leur droit à la réunion pacifique.
Par ailleurs, le PE demande à la Commission européenne d'axer son aide à l'Arménie (dans le cadre de la politique européenne de voisinage) sur l'indépendance de la justice et la formation des forces de police et de sécurité. Il réaffirme clairement l'engagement de l'Union européenne de renforcer ses relations avec l'Arménie et avec les pays du Caucase du Sud, notamment en développant et en consolidant davantage la politique de voisinage. Il souligne néanmoins qu'un renforcement de la coopération avec l'UE doit reposer sur des « progrès et des réformes réels et tangibles » ainsi qu'un engagement inconditionnel à l'égard de la démocratie et de l'État de droit. La Commission est invitée à continuer à soutenir les efforts déployés en vue de renforcer la culture politique en Arménie, à renforcer le dialogue et à atténuer la tension entre les partis au gouvernement et l'opposition. Enfin, le Parlement déplore le décès intervenu récemment sur la « ligne de contrôle » lors d'affrontements entre les forces d'Arménie et d'Azerbaïdjan, et les parties sont encouragées à ne plus recourir à la violence et à reprendre les négociations. (L.C.)