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Bulletin Quotidien Europe N° 9622
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/union pour la mediterranee

Analyse interne de la Commission qui salue l'initiative mais qui pointe du doigt les risques de double emploi

Bruxelles, 13/03/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne, qui ne s'est pas opposée au projet français devenu, sous la pression de la Chancelière allemande, une « Union pour la Méditerranée », marque sa perplexité. Elle a lancé, en interne, une étude sur le contenu réel du projet, à laquelle ont contribué ses services de divers secteurs. Une des premières observations est la multiplicité des chevauchements entre le projet désormais franco-allemand et ce qui existe déjà, surtout au titre du « processus de Barcelone ». Il faudra que la Commission européenne détermine aussi comment sera désigné son représentant puisqu'un siège lui est d'office attribué dans les structures de l'UPM.

L'étude relève aussi qu'un des soucis exprimés par ses services, au diapason de plusieurs Etats membres, est que l'UPM ne soit pas « à côté, mais au sein» de la politique extérieure de l'Union européenne. A Rome, en décembre 2007, la France, l'Italie et l'Espagne ont affirmé vouloir intégrer l'initiative dans le contexte européen. Les structures de l'UE sont désormais assurées de participer à l'organisation du « sommet » de juillet. Mais il faudra veiller à ce que cela soit équilibré et que les Etats membres non-méditerranéens aient leur mot à dire.

L'étude relève aussi que les projets proposés reflètent un "souci d'institutionnalisation et de pérennisation des politiques, initiatives ou réseaux existants". Mais il y a risque de double emploi car ils concernent des "domaines qui sont partiellement ou totalement abordés par le partenariat Euromed et/ou la PEV". On peut y voir aussi, non un chevauchement, mais un « fort potentiel de synergies entre les projets préconisés dans le cadre de l'UPM et ceux financés dans le cadre du Processus de Barcelone et de la PEV ». Il n'en demeure pas moins qu'il y a, selon la Commission européenne, le « danger de développer des activités parallèles, déjà couvertes par les cadres de coopération existants ». Cette synergie serait néanmoins souhaitable dans des domaines où le partenariat actuel n'a pas prouvé son efficacité (santé, lutte contre la drogue, etc.). Les synergies sont possibles également « là où les propositions faites par la France constituent l'aboutissement d'initiatives existantes », comme pour le « développement durable, la coopération entre les PME ou le renforcement de la coopération dans l'important domaine de la protection civile ». Le Partenariat Euromed avait manqué de moyens ou subi l'effet d'une volonté politique faible. Dans l'ensemble, les chevauchements seraient patents dans des secteurs plus ciblés comme la proposition d'une agence pour le transport qui « semble ignorer qu'un centre de coopération pour le transport regroupe déjà les pays de la Méditerranée occidentale ». De même, l'idée de créer un centre de coopération économique fera « double emploi avec le réseau FEMISE », existant et efficace. La proposition d'un centre de formation professionnelle sera une copie de l'Agence européenne sur la formation professionnelle qui est déjà chargée de la coopération internationale dans ce domaine.

Dans sa conclusion, la Commission salue, certes, l'initiative car elle « constitue l'expression de l'intérêt accru envers la région méditerranéenne et les défis qu'elle représente pour l'Europe ». Elle « insiste néanmoins sur la nécessité d'impliquer l'UE et ses Etats membres et de préserver les acquis et les cadres de coopération existants: la Politique européenne de voisinage et le Partenariat euroméditerranéen ». (F.B.)

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