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Bulletin Quotidien Europe N° 9622
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/sommet social tripartite

L'Europe se prépare à l'avénement de la troisième révolution industrielle

Bruxelles, 13/03/2008 (Agence Europe) - Le Sommet social tripartite pour la croissance et l'emploi, qui s'est tenu quelques heures avant l'ouverture du Conseil européen de printemps à Bruxelles (EUROPE n°9621), a mis en exergue la nécessité, pour l'avenir de l'UE, d'avoir une plus grande synergie entre les piliers environnemental, social et économique de la stratégie de Lisbonne, de tirer les meilleures pratiques en vigueur dans les Etats membres de l'UE27 dans cette matière, de relancer le débat sur le changement climatique et ses conséquences sur la croissance économique, et de mieux communiquer sur l'Europe.

Devant la presse, le président du Conseil européen, Janez Jansa, a souligné l'importance de « faire du changement climatique une opportunité ». Pour lui, « les normes environnementales doivent renforcer la compétitivité plutôt que de lui faire obstacle ». Il est essentiel que les citoyens apprennent à mieux connaître les nouveaux défis qui se posent à l'UE. Pour cela, il faut « mieux communiquer ». Comment ? Par et avec les médias et les journalistes « qui forgent l'opinion pour ouvrir de nouvelles pistes et induire de nouvelles idées pour aider à concrétiser les objectifs de Lisbonne », a affirmé le président Jansa.

C'est un président de la Commission européenne « très satisfait de la discussion très ouverte » de la matinée de jeudi qui s'est exprimé devant la presse. La réunion tripartite « très consensuelle », qui s'est tenue en présence de Xavier Bertrand, ministre français du Travail (en remplacement du président Nicolas Sarkozy) a mis en évidence les progrès faits dans la stratégie de Lisbonne. Mais « il faut qu'elle continue à porter ses fruits », a indiqué José Manuel Barroso. « La stratégie de Lisbonne, ce n'est pas la croissance pour la croissance. Non, il faut une croissance pour nos citoyens », a martelé M. Barroso en affirmant qu'il faut « une Europe moderne, plus compétitive, avec davantage de cohésion sociale et durable sur le plan environnemental ». Le Président a ajouté que les participants au Sommet social tripartite (qui pour rappel est l'instrument de dialogue social au niveau le plus élevé) demanderont aux chefs d'Etat ou de gouvernement de redoubler d'efforts en matière d'éducation et de politique énergétique, de mettre l'accent sur les PME, qui sont moteur de croissance et d'emplois. M. Barroso s'est particulièrement félicité du « large accord » sur les principes communs de la flexicurité, « ce qui constitue un point positif pour le dialogue social », de l'appui des partenaires sociaux aux politiques relatives au changement climatique et à la consommation d'énergie. « Les partenaires sociaux vont nous aider à aller vers une économie pauvre en carbone. C'est tout bénéfice pour l'Europe sociale », a conclu le président de la Commission européenne.

Le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), John Monks, s'est dit préoccupé par la teneur des arrêts de la Cour de justice européenne (affaires Laval & Viking) dans lesquels le marché unique a prévalu sur les droits fondamentaux de négociation et de grève. « J'ai une impression de hiérarchie des droits, les droits fondamentaux étant le parent pauvre du droit à la libre circulation ! », s'est-il exclamé tout en se réjouissant des discussions avec le commissaire européen aux Affaires sociales Vladimir Spidla et Businesseurope sur la portée de ces arrêts. Le président Barroso a affirmé que les arrêts de la Cour de justice « ne vont pas à l'encontre des droits fondamentaux. Le droit de grève est un droit fondamental, il est protégé par la Charte des droits fondamentaux. Mais il ne faut pas perdre de vue les cas d'espèce et il faut protéger les droits des Etats membres ». Le président Jansa a jugé « délicat » de s'exprimer sur des arrêts de la Cour de justice. « Je ne crois pas que cet arrêt implique une interférence sur le droit de grève. Je suis convaincu du cas d'espèce », a-t-il conclu.

Pour le président de Businesseurope (qui s'exprimait aussi au nom du CEEP), Ernest-Antoine Seillière, « les temps vont être durs », imputant ce sentiment au cours de l'euro, au prix de l'énergie, aux subprimes, au climat politique aux Etats-Unis. M. Seillière a plaidé pour que soient renforcées à l'avenir les réformes « en s'appuyant sur l'agenda de Lisbonne. Notre volonté, c'est de passer à l'acte ». En ce qui concerne les changements climatiques, Ernest-Antoine Seillière a averti que les entreprises et les consommateurs devront en supporter les frais. « Nous allons vers une nouvelle révolution industrielle », a constaté le président Seillière en appelant à une réunion entre partenaires sociaux sur les conséquences sociales des changements climatiques.

De nombreux emplois sont créés mais leur qualité laisse à désirer. Qu'en est-il ? a demandé un journaliste. Des emplois de grande qualité ont été créés et en nombre croissant, a répondu Janez Jansa. « Le hic c'est que les Etats membres sont confrontés à la pénurie de main-d'œuvre de qualité. La question qui se pose est de savoir si ces emplois sont bien rémunérés », a poursuivi M. Jansa en estimant que chaque emploi doit être considéré « individuellement ». Pour cette raison, les conclusions du Conseil européen insisteront sur l'éducation à tous les niveaux, sur la nécessité de faire entrer les jeunes sur le marché de l'emploi et sur la formation des gens en général. Mais, a ajouté M. Jansa, « des défis plus exigeants sont à relever: la 3ème révolution industrielle est sur le point de se produire. Il faut laisser jouer les forces du marché du travail et le dialogue social ». Par meilleur emploi, a enchaîné M. Barroso, on entend en général un emploi mieux rémunéré et à caractère durable. Ceci peut s'obtenir par le biais d'une meilleure formation, par l'amélioration de nos systèmes d'éducation, de recherche et d'innovation. Le Sommet européen devra lutter contre le décrochage scolaire, a conclu le président Barroso. Et Janez Jansa d'ajouter: « Il faut des emplois mieux rémunérés dans des environnements plus sains et plus gratifiants pour ceux qui les occupent ». (G. B.)

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