Bruxelles, 25/02/2008 (Agence Europe) - En adoptant leur contribution au Conseil européen de printemps, les ministres européens de l'Economie ont fait part, lundi 25 février, de leur souhait d'élever la libre circulation du savoir au rang de « 5ème liberté », en référence aux quatre libertés (liberté de circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux) inscrites dans le traité européen. C'est en effet dans les activités liées à la connaissance que l'économie européenne a le plus d'opportunités, a déclaré Andrej Vizjak, ministre slovène de l'Economie. Dans son document sur les questions clés en matière de compétitivité et d'innovation, le Conseil Compétitivité partage l'analyse de la Commission selon laquelle les lignes directrices révisées restent valides pour le nouveau cycle (2008-2010) de la stratégie de Lisbonne révisée.
Les ministres appellent les États membres et la Commission européenne à « approfondir leur dialogue et étendre leur coopération afin de mieux identifier et de supprimer les obstacles à la mobilité transfrontalière de la connaissance ». Ils soulignent l'importance d'accroître la mobilité et les perspectives de carrière des chercheurs, la Commission devant présenter une communication spécifique en 2008. Selon eux, les États membres devraient poursuivre les réformes de leur système d'éducation supérieure et miser davantage sur la formation tout au long de la vie. La Commission est invitée à suivre la performance de l'UE dans l'« économie Internet » en vue d'un rapport au Conseil européen de 2009, et à présenter une recommandation et un code de bonnes pratiques sur la gestion de la propriété intellectuelle « Charte de la propriété intellectuelle » (voir EUROPE n° 9419).
Lors de la discussion, plusieurs délégations nationales ont manifesté un grand intérêt envers le « Small Business Act » (SBA) pour l'Europe, plan d'action transversal visant à stimuler la croissance des PME européennes que la Commission présentera avant l'été. Günter Verheugen, commissaire européen chargé des entreprises, s'est d'ailleurs dit « un peu effrayé » par les « attentes élevées » formulées par les États membres. La Belgique et la Suède ont indiqué qu'elles seraient particulièrement attentives à ce que la Commission va présenter. L'Autriche et la Slovaquie ont insisté sur la nécessité de placer le principe « Think Small First » au cœur des politiques européennes. La France, qui a fait de ce plan d'action une des priorités de sa Présidence de l'UE au second semestre 2008, a encore une fois plaidé en faveur d'une amélioration de l'accès des PME, surtout celles qui innovent, aux marchés publics. Plus nuancés, les Pays-Bas ont estimé que le SBA ne vaudrait la peine que s'il apportait une véritable valeur ajoutée.
Le Conseil Compétitivité a enfin réitéré l'objectif fixé par le Conseil européen de 2007 de parvenir à une diminution d'un quart de la charge administrative d'ici à 2012. Un objectif qui passe notamment par l'amélioration de la qualité de la législation européenne. Les ministres souhaitent que les premières actions à adoption rapide (« fast track ») planifiées pour 2007 soient finalisées pour le Sommet de printemps et « accueillent favorablement l'intention de la Commission d'adopter une seconde tranche d'actions ». Déjà envoyées au Groupe de haut niveau pour la réduction du fardeau administratif qui se réunira prochainement, ces propositions seront adoptées et présentées « très prochainement » par la Commission, a indiqué M. Verheugen. (M.B.)