Bruxelles, 25/02/2008 (Agence Europe) - La Pologne et la Roumanie ont une nouvelle fois été sollicitées pour dire si leur territoire a été utilisé par la CIA pour détenir et transférer des suspects de terrorisme, a indiqué vendredi 22 février la Commission européenne. « Nous attendons les réponses », a indiqué le porte-parole de la Commission Johannes Laitenberger, sans toutefois se prononcer sur les éventuelles suites à donner à cette affaire si les deux Etats refusent de donner des précisons. Des lettres demandant des éclaircissements sur les allégations faisant état de centres de détention secrets sur leur territoire ont été adressées le 21 juillet 2007 par la Commission aux autorités polonaises et roumaines, a rappelé M. Laitenberger. « Nous n'avons pas obtenu de réponse de la Pologne et les informations fournies par la Roumanie n'ont pas été jugées satisfaisantes », a-t-il ajouté, expliquant que des lettres de rappel ont été envoyées aux deux pays le 29 janvier 2008. Et de rappeler que le commissaire Franco Frattini a lancé une série d'initiatives, comme par exemple l'envoi de lettres aux Etats membres de l'UE, afin d'évaluer leur efficacité dans la lutte contre le terrorisme et la protection des droits fondamentaux (EUROPE n° 9510). A ce jour, très peu d'Etats membres ont ouvert des enquêtes judiciaires concernant les agissements illégaux de la CIA en Europe. En Allemagne, une enquête judiciaire a été lancée parallèlement à une commission d'enquête parlementaire dont les travaux doivent s'achever vers le mois de septembre 2009. En Italie, le procès de Milan mettant en cause les agissements des services secrets italiens pour le rapt d'un ex-imam devrait reprendre dans le courant du mois de mars. Début 2007, la justice portugaise avait à son tour ouvert une enquête sur l'éventuel survol du territoire portugais par des vols illégaux de la CIA. Fin janvier dernier, un juge d'instruction espagnol a été mandaté pour ouvrir une information afin de déterminer si certains aéroports ont servi à l'aviation américaine lors d'escales entre l'Afghanistan et la base de Guantánamo. (B.C.)