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Bulletin Quotidien Europe N° 9609
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/social

John Monks critique l'inertie de l'Europe sociale et plaide pour des comités d'entreprise européens « plus efficaces et de nature à rendre plus honnêtes les conseils d'administration »

Bruxelles, 25/02/2008 (Agence Europe) - A l'occasion de la campagne lancée le 20 février à Bruxelles par la Confédération européenne des syndicats (CES) pour réclamer des augmentations salariales, y compris du salaire minimum, et plus d'égalité salariale dans toute l'UE (EUROPE n° 9605), le secrétaire général de la CES a dénoncé les appels à la modération salariale lancés par la BCE et s'est dit « choqué par les hausses importantes de salaires et les bonus que se sont octroyés certains patrons, qui ne font toujours pas preuve de bonne gouvernance d'entreprise ». « Ce ne sont pas les travailleurs ayant des salaires moyens ou minimaux qui doivent payer pour les autres ! », s'est exclamé John Monks. Et de se référer à l'affiche de la campagne qui montre que « les 20 patrons les mieux payés gagnent 300 fois plus que le travailleur européen moyen ! », tout en recommandant à Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, « lorsqu'il réclame une modération des salaires de l'adresser aux conseils d'administration des grands groupes ».

Répondant aux journalistes, John Monks a notamment précisé: (1) Déplacement de la production d'entreprises du secteur automobile vers des pays moins chers: «On considère que l'Europe perd des emplois dans ces cas-là mais il y a aussi des travailleurs de ces pays qui viennent en Europe. Il faut maîtriser le comportement de ces entreprises », a martelé M. Monks en souhaitant que la révision de la directive sur les comités d'entreprise européens (CEE) soit rapidement mise en application (EUROPE n°9605). (2) Degré de frustration lorsqu'on constate ce qui se fait en matière sociale à Bruxelles: rappelant que l'un de ses thèmes dans les discours est « Quid de l'Europe sociale ? », John Monks constate qu' « il n'y a plus eu aucune amélioration dans ce domaine depuis la directive de 2001 sur l'information-consultation des travailleurs. L'Europe sociale est abandonnée dans un parking ! ». « Nous ne sommes pas surpris de l'émergence de l'euroscepticisme dans de nombreux pays parce que l'Europe sociale n'a pas évolué aussi vite que l'Europe libérale », s'est-il révolté en ajoutant que le président de la Commission européenne et son équipe se sont bien rendus compte que « l'Europe sociale est mal lotie » puisqu'ils ont proposé le réexamen de la directive CEE. Et de critiquer le système qui fait que « Nokia délocalise en Roumanie sans consulter son CEE ». John Monks a clairement indiqué que ce que veut la CES « ce sont des CEE plus efficaces et de nature à rendre plus honnêtes les conseils d'administration des entreprises ». Et d'ajouter: « On ne peut pas empêcher les entreprises de délocaliser. Mais on peut faire pression sur les entreprises pour qu'elles gardent certaines activités et pour qu'elles se conduisent correctement ». John Monks a conclu: « Si l'Europe doit être populaire, il faut réinsuffler la vie au progrès social. La Présidence française de l'UE sera à nos côtés et la Commission européenne l'est déjà davantage que par le passé en constatant que l'Europe des entreprises est de plus en plus irresponsable que par le passé ». (G.B.)

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