Bruxelles, 25/02/2008 (Agence Europe) - Les Etats-Unis ont confirmé, vendredi 22 février, leur soutien au projet de gazoduc Nabucco qui doit relier, en 2012, l'Europe à la mer Caspienne pour alimenter l'UE en gaz en provenance du Moyen-Orient et d'Asie centrale via la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l'Autriche en contournant la Russie (EUROPE n° 9551). « Nabucco sera construit » parce que sa « logique commerciale » est supérieure aux autres projets de gazoduc, a défendu le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé des affaires européennes et eurasiatiques, Matthew Bryza, lors d'un briefing de presse à l'issue d'un entretien avec le commissaire européen à l'Energie Andris Piebalgs. Selon le responsable américain, ce gazoduc, qui pourrait être entièrement approvisionné par du gaz azéri, est une alternative bien moins chère que le projet concurrent South Stream, promu par Gazprom, et permettrait aux Européens de réduire d'un quart leurs achats à l'énergéticien russe. M. Bryza a précisé que cette émancipation à l'égard du fournisseur russe pourrait s'accroître avec le gaz en provenance de Norvège, disponible potentiellement dans sept ans, qui réduirait la dépendance européenne de moitié. Comme pour l'oléoduc Tbilissi-Bakou-Ceyhan, qu'ils ont soutenu dans les années 1990, les Etats-Unis sont intéressés par Nabucco à la fois pour des motifs géopolitiques et économiques et aideront les partenaires concernés - six énergéticiens sont impliqués dans le projet, l'autrichien OMV, le hongrois MOL, le roumain Transgaz, le bulgare Bulgargaz, le turc Botas et l'allemand RWE - à synchroniser leurs décisions, a assuré M. Bryza. Enfin, le responsable américain a dénoncé les méthodes de Gazprom dont le prix du gaz acheté en Asie centrale « double lorsqu'il arrive en Europe » au profit « d'intermédiaires obscurs ». « Gazprom acquiert des infrastructures en Europe, alors qu'il devrait développer davantage sa propre production de gaz », a conclu M. Bryza. (E.H.)