Niveau record de l'investissement local en Europe en 2006 - Avec près de 200 milliards d'euros, l'investissement du secteur public infra-national (c'est-à-dire les collectivités locales et fédérées et les organismes publics qui leur sont rattachés) a atteint dans l'Union européenne un niveau record en 2006 (+6,6% par rapport à 2005), porté en grande partie par les douze nouveaux Etats membres. Tel est le constat de la « Lettre de conjoncture des finances publiques européennes » publiée par Dexia le 31 janvier, qui retrace les évolutions constatées entre 2000 et 2006. Désormais au nombre de 91 252 depuis le dernier élargissement à 27, les collectivités territoriales ont en effet consacré en 2006 quelque 196 milliards d'euros pour augmenter l'équipement de leurs territoires (routes, transports collectifs, écoles, etc.), ce qui correspond à 67,4% du total des dépenses publiques d'investissement réalisées dans ces mêmes pays. Ce rythme remarquable est le plus élevé rencontré depuis 2000 (entre 2000 et 2006, le taux de croissance moyen a été de +2,8% par an). Ce taux a même atteint près de +30% dans les douze nouveaux Etats membres, où la dynamique a été portée par les besoins importants en infrastructures et équipements publics, la mise en œuvre des programmes communautaires européens 2004-2006 ainsi que les préparatifs d'adhésion à l'UE de la Roumanie et de la Bulgarie. Au total, les collectivités territoriales européennes ont investi en moyenne 400 euros par an et par habitant dans les infrastructures et équipements collectifs, soit plus d'un euro par jour et par personne. A propos des dépenses, les collectivités ont dépensé l'an dernier 1825 milliards d'euros. A ce titre, elles comptent maintenant pour un peu plus du tiers (33,6%) de l'ensemble des dépenses publiques comptabilisées dans l'Union (5 425 milliards d'euros en 2006) et 15,7% du PIB européen (12,7% en 2006). Les collectivités danoises et suédoises font toujours figure de championnes pour ce qui concerne le poids de cette dépense dans le PIB national avec des ratios de, respectivement, 33,4% et 25%. Les pays à structure fédérale, et notamment l'Allemagne, où les Länder ont cependant commencé à réduire leurs dépenses, ne sont pas très loin, suivis par les Etats centralisés comme le Royaume-Uni (12,9%) et la France (11,1%), et les 12 nouveaux entrants dont les collectivités partent de très bas (6,8% pour la Bulgarie et 6,6% pour la Slovaquie), mais hâtent considérablement le pas. Ce dynamisme n'a pas affecté la bonne santé financière du secteur public infra-national dont le besoin de financement et le niveau d'endettement restent modestes, poursuit Dexia. La courbe de croissance des dépenses a suivi celle des recettes (+3,6%) que le dynamisme des rentrées fiscales (+4,8%), ainsi que la bonne tenue économique dans de nombreux pays (+3% de croissance dans l'UE27 en 2006) ont tirée vers le haut. Dans ces conditions, le besoin de financement et le niveau d'endettement (1 190 milliards d'euros) restent modestes, conclut l'étude.