Bruxelles, 04/02/2008 (Agence Europe) - Pour préserver la stabilité économique européenne, il faut des salaires et des emplois de qualité. « Il faut mettre l'accent sur l'emploi régulier, pas sur les emplois temporaires »: tel est le message lancé à Brdo par le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats, John Monks, à la Présidence slovène de l'UE et aux employeurs.
Dans un contexte incertain pour l'avenir de la santé économique européenne, John Monks a fait part de l'opposition de la CES à « la modération excessive actuelle des salaires » et a mis l'accent sur la nécessité de « protéger le pouvoir d'achat des travailleurs, de garantir des emplois de qualité et une protection sociale adéquate pour essayer de contrer les risques de la récession ». John Monks a mis en garde contre le fait que « l'Europe risque d'être perçue comme une voie à sens unique, où la part des salaires ne cesse de diminuer. Nous ne pouvons accepter une telle situation ». Il a ajouté que « la CES est fortement préoccupée par la menace que font peser les inégalités sociales croissantes en Europe: entre les riches et les pauvres, les hommes et les femmes, et entre les travailleurs qui ont un emploi sûr et ceux qui ont un emploi précaire et des salaires de misère. Les travailleurs vulnérables ne doivent pas être les victimes de la situation mondiale actuelle ».
Lors de la conférence de presse donnée à l'issue de la réunion de la Troïka sociale (EUROPE n° 9592), John Monks a déclaré: «La flexicurité est une partie de la réponse. Nous voulons de meilleurs contrats et de meilleurs salaires. Nous voulons plus ! ». « Nous aussi nous voulons plus ! », a enchaîné le représentant de Businesseurope, Jorgen Ronnest. « On veut plus de compétitivité pour payer de meilleurs salaires. Le débat sur la flexicurité est de créer des mesures qui permettent cela. Aujourd'hui, le débat a été un succès de telle sorte que nous pourrons aider les syndicats à concrétiser leurs aspirations ! », a ajouté M. Ronnest.
Rainer Plassmann: la participation du CEEP à « la mission de flexicurité » est légitime
Le secrétaire général du Centre européen des Entreprises à participation publique et d'intérêt général économique (CEEP), Rainer Plassmann, s'est félicité de la mise en place d'une « mission de la flexicurité ». Co-présidée par le commissaire à l'Emploi Vladimir Spidla et l'ancien ministre du travail français Gérard Larcher, cette mission réunit tous les acteurs clés du débat, y compris les entreprises publiques. Or, pour l'instant, il semble que la Commission et les Présidences slovène et française n'envisagent pas la participation du CEEP à cette initiative. M. Plassmann a dès lors lancé un message aux deux Présidences dans lequel il rappelle que les employeurs publics du CEEP emploient environ 25% de la force de travail de l'UE. « Cette représentativité légitimerait la participation du CEEP- toujours possible - à cette mission. Les employeurs publics ont de plus négocié l'analyse conjointe sur la modernisation des marchés du travail avec les autres partenaires sociaux européens et connaissent déjà des expériences réussies de flexicurité au niveau national », a conclu M. Plassmann.
La mission de flexicurité sera également composée de cinq autres membres, a annoncé le commissaire Spidla lors de la conférence de presse finale du Conseil informel social: (1) Darja Sencur Pecek , professeur du droit du travail à l'université de Maribor (pour la Présidence slovène) ; (2) Xavier Prats Monne, directeur à la DG Emploi (Commission européenne), qui remplacera M. Spidla au quotidien ; (3) Maria Helena André, secrétaire générale adjointe à la CES ; (4) Renate Hornug-Draux, directeur des affaires européennes chez Businesseurope ; (5) David-Pascal Dion, administrateur à la DG Emploi (Commission européenne) qui assurera le secrétariat de la mission. (G. B.)