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Bulletin Quotidien Europe N° 9590
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/serbie

M. Rupel justifie l'offre de l'UE de signer avec Belgrade un accord politique intérimaire pour « accélérer » l'intégration européenne de la Serbie

Bruxelles, 29/01/2008 (Agence Europe) - L'offre que l'UE a faite lundi soir à la Serbie, à savoir signer le 7 février un « accord politique intérimaire » qui permettrait d'intensifier les relations dans plusieurs domaines (dialogue politique, commerce, visas, éducation) sans attendre la signature et l'entrée en vigueur de l'accord de stabilisation et d'association (ASA), ne peut pas être considérée comme une immixtion dans le processus électoral de la Serbie, s'est défendu le président en exercice du Conseil de l'UE, mardi 29 janvier à Bruxelles. « Nous n'intervenons pas dans les élections présidentielles en Serbie » dont le deuxième tour aura lieu, dimanche 3 février, « mais il est approprié pour l'Union européenne de promouvoir les valeurs européennes, en particulier dans ses relations avec un pays qui, espérons-le, deviendra un jour membre de cette Union », a dit Dimitrij Rupel mardi devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Auparavant, plusieurs députés, notamment la Belge Annemie Neyts-Uyttebroeck (ALDE), avaient mis l'UE en garde contre toute tentative de vouloir influencer le scrutin en Serbie. M. Rupel a admis que « tout le monde a ses préférences » quant à l'issue des élections (il est évident que l'UE verrait d'un bon œil que le pro-européen Boris Tadic gagne les élections, plutôt que le nationaliste Tomislav Nikolic), « mais ces préférences ne jouent aucun rôle dans notre politique à l'égard de la Serbie », a affirmé le ministre slovène des Affaires étrangères.

Lundi soir, au Conseil Affaires générales (EUROPE n° 9589), les ministres des Affaires étrangères des 27 ont adopté une déclaration dans laquelle ils « invitent » la Serbie à signer le 7 février un « accord politique intérimaire » en vue d'« accélérer » le processus d'intégration européenne de la Serbie, y compris l'obtention du statut de pays candidat. L'objectif de l'accord est de « dépanner » les relations UE/Serbie actuellement bloquées par l'impossibilité de l'UE de réunir l'unanimité requise pour signer l'accord de stabilisation et d'association (les Pays-Bas et, dans une moindre mesure la Belgique, ne veulent pas signer l'ASA tant que Belgrade ne coopère pas entièrement avec le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie TPIY, c'est-à-dire tant que Radko Mladic ne sera pas arrêté et livré à La Haye). A quelques jours du deuxième tour des élections présidentielles serbes, l'UE veut aussi signaler aux citoyens que leur pays a une perspective européenne, à condition qu'ils élisent un président pro-européen.

L'accord permettrait d'avancer dans quatre domaines spécifiques, explique le Conseil dans sa déclaration du 28 janvier: le dialogue politique, l'établissement d'une zone de libre-échange, la suppression de l'obligation de visas et la coopération en matière d'éducation (accès des étudiants serbes aux universités européennes). L'UE propose aussi à Belgrade de mettre sur pied un groupe de travail (« Task Force ») chargé d'examiner comment la Serbie pourrait progresser plus rapidement sur sa voie européenne, y compris comment elle pourra remplir le critère de la pleine coopération avec le TPIY le plus rapidement possible, afin de débloquer la signature de l'ASA. Ce groupe débuterait son travail immédiatement ; il formulerait ensuite « le plus rapidement possible » des « recommandations » au gouvernement serbe et au Conseil de l'UE.

La première réaction de la Serbie à l'offre européenne a été positive. Lundi soir 28 janvier, immédiatement à l'issue du Conseil Affaires générales, le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremic s'est dit « très content ». La main tendue de l'UE transforme l'élection serbe de dimanche en « référendum » pour ou contre l'Europe et devrait aider à la victoire du président sortant Boris Tadic, a estimé M. Jeremic à l'issue de la réunion de la troïka ministérielle UE/Serbie à Bruxelles. Cet accord intérimaire constitue « une percée », a affirmé le ministre devant la presse. « Le peuple serbe aura ainsi une chance de décider s'il veut franchir ces portes. Moi je suis absolument convaincu qu'ils (les Serbes) voudront les franchir, pour qu'après le 3 février, après notre référendum sur l'Europe, nous soyons en position de revenir à Bruxelles », a ajouté M. Jeremic. (H.B.)

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