Bruxelles, 29/01/2008 (Agence Europe) - Sourd aux critiques qui pleuvent sur les accords de partenariat économique (APE) aux retombées jugées potentiellement dévastatrices pour les économies africaines (EUROPE n° 9589 et 9578), Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce, n'en démord pas: les APE qui restent à conclure avec quatre régions d'Afrique et la région Pacifique du groupe ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique) sont la meilleure option pour sortir les pays ACP de la pauvreté, et la seule acceptable par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il l'a répété lundi 28 janvier devant la commission du développement du Parlement européen, en se faisant, une nouvelle fois, l'avocat de ces accords préparatoires au libre-échange mais dotés, selon lui, d'une forte dimension développement.
« Trop de populations pauvres dans les ACP ont été piégées par la pauvreté tandis que d'autres, dans les pays en développement, sont allées de l'avant. Nous sommes tous d'accord pour reconnaître qu'il faut changer la donne, et je suis convaincu qu'en décembre, nous avons, avec les pays ACP, fait un grand pas dans ce sens », a déclaré le commissaire. Peter Mandelson est ravi qu'avec l'APE complet conclu avec la Caraïbe et les accords intérimaires paraphés avec d'autres régions ou pays individuels, « 99,5% de l'ensemble du commerce ACP avec l'UE sont désormais libres de tout droit de douane et de quotas. Nous avons évité la menace d'une rupture dans les échanges que tant de personnes redoutaient dans la période qui a précédé le 31 décembre, et ce faisant, nous avons rempli nos obligations vis-à-vis de l'OMC », souligne-t-il, en rappelant que la flexibilité dans la libéralisation protège les industries naissantes ACP, que les exclusions protègent les agriculteurs, et que l'amélioration des règles d'origine peuvent attirer les investisseurs.
Mais si les accords intérimaires sont un résultat significatif obtenu dans des circonstances difficiles, cela ne suffit pas: ce sont des APE complets qu'il faut viser, estime Peter Mandelson. Aussi presse-t-il les gouvernements ACP de signer formellement les accords intérimaires paraphés en décembre pour qu'ils puissent être notifiés à l'OMC et que les exportateurs ACP puissent compter, avec la certitude juridique requise, sur un accès illimité au marché européen créé par l'APE. Le commissaire a dit se réjouir de retourner à la table de négociation avec la volonté d'utiliser l'année 2008 pour transformer ces accords intérimaires en APE complets portant non seulement sur les produits, mais aussi sur les services, l'investissement, les règles liées au commerce et le développement, pour « placer notre relation commerciale sur un nouveau pied, en renonçant à la dépendance à nos seules préférences, pour aider les différentes régions à intégrer l'économie globale ». (A.N.)