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Bulletin Quotidien Europe N° 9574
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/presidence slovene

Le problème du Kosovo ne devrait pas faire dérailler le processus d'intégration européenne de la Serbie, estime Janez Jansa

Ljubljana, 07/01/2008 (Agence Europe) - Le président en exercice du Conseil européen, le Premier ministre slovène Janez Jansa, est confiant que les mises en garde en provenance de Belgrade fustigeant la position de l'UE sur le Kosovo et critiquant la future mission PESD ne seront, en fin de compte, pas suivies d'actes mettant un arrêt au processus d'intégration européenne de la Serbie. Ces derniers jours, le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica a affirmé que la reconnaissance d'un futur Kosovo indépendant par les Européens et le déploiement de la mission PESD sur le terrain annulerait automatiquement le récent paraphe de l'accord de stabilisation et d'association (ASA) et bloquerait de facto tout futur rapprochement entre la Serbie et l'Union (EUROPE n° 9573). Pour
M. Jansa, très fin connaisseur de la situation politique à Belgrade, ces propos ne sont que rhétorique électorale avant les élections présidentielles en Serbie (premier tour le 20 janvier, second tour le 3 février). « Avant chaque élection en Serbie au cours des dix dernières années, il y a eu des propos nationalistes forts. Mais la plupart des déclarations et promesses ont été oubliées rapidement après le scrutin », a estimé M. Jansa devant des journalistes, lundi 7 janvier à Ljubljana. L'UE doit donc rester ferme et unie, et ne pas se laisser impressionner par les propos serbes, recommande-t-il. Au lieu de lier son propre destin européen à l'avenir de cette province habitée à 90% par des Albanais, la Serbie ferait mieux de miser sur son intégration européenne en considérant l'UE comme son « principal allié », notamment pour la protection de la minorité serbe au Kosovo. « En s'opposant à une présence internationale au Kosovo, les Serbes agissent de facto contre les intérêts des Serbes sur place », dit-il, ajoutant que l'UE insistera sur la « meilleure » protection possible de toutes les minorités.

Deux ambitions guideront la Présidence slovène sur le dossier du Kosovo, poursuit le Premier ministre slovène: parvenir « avant fin juin » à une solution définitive sur le statut et maintenir « l'unité » des Vingt-sept sur ce dossier. Comment l'UE pourra-t-elle parler d'une seule voie si certains pays membres (Chypre, Roumanie) refusent strictement de reconnaître un Kosovo indépendant et que d'autres (Grèce, Espagne, Malte, Slovaquie) sont réticents et continuent à avoir des doutes sur la base juridique de la future mission PESD sans approbation par le Conseil de sécurité de l'ONU ? Sur la question de la reconnaissance, M. Jansa rappelle que l'unanimité des 27 n'est pas requise, chaque pays membre étant libre de reconnaître ou pas ce nouvel Etat à n'importe quel moment. Il tente ensuite de rassurer les pays membres réticents en relativisant l'« indépendance » du Kosovo. « En réalité, on ne peut même pas parler d'une indépendance totale et d'une souveraineté complète pour le Kosovo, parce qu'on n'envoie pas une mission PESD dans un pays entièrement indépendant et souverain. Il s'agit plutôt d'un premier pas » vers une indépendance complète qui, pour le président en exercice du Conseil européen, est « inéluctable ». Quant à la décision sur la mission PESD (base juridique et modalités opérationnelles), qui nécessitera l'appui unanime des 27, la Présidence slovène est confiante qu'elle sera approuvée par le Conseil sans trop de problèmes, au plus tard en février. Le sujet sera débattu lors du Conseil « Affaires générales » du 28 janvier.

Balkans occidentaux. La perspective européenne des pays de la région doit être « réaffirmée », plaide M. Jansa qui veut que tous les accords de stabilisation et d'association (ASA) avec ces pays soient signés avant fin juin (deux signatures manquent: Serbie et Bosnie-Herzégovine). La Bosnie-Herzégovine préoccupe particulièrement le Premier ministre slovène qui affirme que les tensions politiques et ethniques dans ce pays constituent « un plus grand danger pour la stabilité dans les Balkans que le Kosovo ». « Sur le Kosovo, ce qui va se passer est assez clair (indépendance contrôlée), la seule question étant de savoir comment. Mais en Bosnie-Herzégovine, la question est plus fondamentale: est-ce que les accords de Dayton fonctionnent ou pas ? », explique M. Jansa pour qui cette question doit être sérieusement examinée (il a estimé que ce pourrait être un sujet pour la Présidence tchèque de l'UE au premier semestre 2009). La Présidence souhaite aussi donner un coup de pouce à l'ancienne République yougoslave de Macédoine (Arym). Depuis qu'il a obtenu le statut de pays candidat en décembre 2005, le pays a fait d' « importants progrès », sans qu'il ait reçu une date pour l'ouverture des négociations d'adhésion. « Nous ne voulons pas que la Macédoine soit oubliée », souligne M. Jansa. Les chances d'obtenir cette date en 2008 sont cependant plutôt minimes. Quant à la Croatie, la Slovénie soutient activement son adhésion, mais M. Jansa critique le fait que Zagreb ait étendu, le 1er janvier 2008, sa zone écologique et de protection de la pêche (EUROPE n° 9572), « contrairement à ce qu'il avait été convenu dans l'accord conclu en 2004 avec la Commission européenne, l'Italie et la Slovénie ». Cette situation doit être corrigée afin d'éviter qu'elle ait un impact sur les négociations d'adhésion avec la Croatie. « Un engagement donné doit être respecté. C'est une question de principe », dit-il.

Traité de Lisbonne. M. Jansa espère qu'une majorité d'Etats membres ratifiera le traité avant la fin juin. « Selon nos indications, plus ou moins 20 Etats membres envisagent de le faire », dit-il. La Slovénie entend donner le bon exemple: la ratification devrait être achevée avant fin janvier, selon le Premier ministre.

Russie. Les deux parties ont un intérêt à normaliser leurs relations, affirme M. Jansa pour qui « il y a des chances » que le blocage sur l'ouverture des négociations sur le nouvel accord de partenariat pourra être dépassé dans un avenir proche. (H.B.)

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