Bruxelles, 11/12/2007 (Agence Europe) - Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a fait savoir à l'UE, lundi 10 décembre, que la Russie n'était toujours pas prête à accepter l'indépendance du Kosovo, ni d'ailleurs l'envoi d'une mission civile européenne de police qui aurait comme base juridique la résolution 1244 du Conseil de sécurité. S'exprimant à Bruxelles à l'issue du Conseil de partenariat permanent UE/Russie, M. Lavrov a plaidé pour une poursuite des négociations entre Serbes et Kosovars albanais « sur la base du bon travail réalisé par la troïka ». L'UE, en revanche, ne croit plus dans une solution négociée après l'échec de la troïka et s'oriente vers la reconnaissance d'une indépendance « contrôlée et concertée » du Kosovo (EUROPE n° 9561). Il est plus que probable que le Conseil européen de ce vendredi 14 décembre confirmera l'engagement des Vingt-sept d'envoyer dans la province 1.800 policiers et juristes pour épauler l'administration kosovare et prendre le relais de la mission de l'ONU - pour autant que le secrétaire général des Nations Unies et le gouvernement de Pristina en fassent la demande. Si ces conditions sont remplies, la mission de police pourra avoir lieu sur base de la résolution 1244, c'est-à-dire sans nouvelle résolution du Conseil de sécurité, explique l'UE. Pour Moscou, il s'agit là d'une « interprétation dangereuse » de la résolution « car une telle approche unilatérale risque de s'étendre à d'autres questions de droit international », a affirmé M. Lavrov. Il a aussi mis en garde contre l'implication du secrétaire général de l'ONU dans cette stratégie européenne qui serait « contraire au droit international et aux principes des Nations Unies ». Le Conseil de sécurité se réunira le 19 décembre pour parler du Kosovo. Mardi, la Russie a annoncé qu'elle se tournerait vers l'ONU pour « annuler » toute déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo. (H.B.)