Strasbourg, 11/12/2007 (Agence Europe) - Le Parlement européen a remis mardi le Prix Sakharov 2007 à Salih Mahmoud Osman, avocat soudanais défenseur des victimes de la guerre au Darfour.
Des milliers de personnes emprisonnées, torturées, humiliées, connaissent le nom de Salih Mahmoud Osman, a déclaré le président du Parlement, Hans-Gert Pöttering, dans un hommage ému à l'homme qui, aussi bien dans sa fonction d'avocat que dans celle d'élu sur les bancs de l'opposition, essaie au péril de sa vie de défendre les droits de ses concitoyens face aux représailles d'un régime qui refuse de livrer les responsables à la justice internationale.
La détention et la torture n'ont épargné ni moi-même ni ma famille, a dit Mahmoud Osman, convaincu que la protection contre la violence quotidienne n'est envisageable que par une intervention de l'Europe et des Nations Unies. Cette intervention « s'impose », même si le gouvernement soudanais n'est pas prêt à l'accepter pour l'instant: le Parlement européen est invité à faire pression pour qu'il change sa position. De même, M.Osman est convaincu du grand rôle que l'Europe peut avoir pour faciliter la paix dans son pays, et ceci même si la fragmentation des groupes rebelles complique la situation. L'Europe est invitée à écouter les représentants de la société civile au Soudan.
Au Soudan, il n'y aura pas de paix durable sans justice, affirme M.Osman, mais la recherche de la justice ne « doit pas être compromise par l'un ou l'autre arrangement politique ». Face aux violations toujours impunies des droits de l'homme, M.Osman plaide pour un soutien encore plus fort au travail de la Cour pénale internationale, en faveur de la liberté d'expression et d'association et de l'état de droit.
Le nouveau Prix Sakharov se sent fortement soutenu par les institutions européennes, notamment par le Bureau de la Commission européenne à Khartoum, et remercie la délégation du Parlement qui est venue constater la situation sur place au mois de juin. Il a voulu enfin rappeler les noms de tous les autres candidats de cette année, qui se battent comme lui pour les droits de l'homme dans leur propre pays. (L.G.)