Bruxelles, 28/11/2007 (Agence Europe) - Le Représentant permanent de la Slovénie auprès de l'UE, Igor Sencar, a présenté, mercredi 28 novembre au European Policy Center (EPC) à Bruxelles, les priorités de la Présidence slovène de l'UE au premier semestre 2008. Ce sera la première fois qu'un des « nouveaux » pays membres ayant adhéré en mai 2004 présidera l'Union.
Balkans occidentaux. Sur le plan des relations extérieures, ce sera « la » priorité de la Présidence slovène pour qui « la place des pays des Balkans est dans l'Union ». Le cadre des relations avec ces pays est actuellement fixé par les décisions de Thessalonique en 2003 et de Salzbourg en 2006, mais la Présidence slovène voudrait, si possible, renforcer davantage ou « dynamiser » la perspective européenne de Serbie Monténégro, ancienne République yougoslave de Macédoine, Bosnie-Herzégovine et Albanie. Par quels moyens ? Cela reste à voir, explique M. Sencar qui veut attendre la communication de la Commission sur les Balkans, annoncée pour le printemps 2008. Les ministres des Affaires étrangères des pays des Balkans participeront ensuite à la traditionnelle réunion informelle des Vingt-sept (« Gymnich »), fin mars en Slovénie. L'objectif de la Présidence est d'avoir les accords de stabilisation et d'association (ASA) signés avec tous les pays de la région à la fin du premier semestre, y compris la Serbie (qui a déjà paraphé l'accord, mais qui doit encore prouver sa pleine coopération avec le TPIY) et la Bosnie-Herzégovine (qui doit auparavant achever sa réforme de la police). La politique de visas est aussi un moyen d'« encourager » les pays balkaniques: après la conclusion des accords de facilitation des visas, « la prochaine étape logique est de penser à une possible libéralisation » du régime des visas, estime M. Sencar. La question du futur statut du Kosovo occupera aussi la future Présidence slovène, indépendamment de l'évolution du dossier après le 10 décembre. La priorité doit être d'assurer l'« unité de l'Union » sur ce sujet crucial pour son propre avenir, souligne M. Sencar. Il faudra trouver une solution « pacifique et durable » pour le Kosovo qui doit aussi tenir compte des intérêts de la Serbie que l'UE « doit aider à devenir un partenaire stratégique et un facteur de stabilité dans les Balkans ».
Traité de Lisbonne. Après la signature le 13 décembre, le nouveau traité modificatif de l'UE devra être ratifié par tous les Etats membres en 2008 « et la Slovénie veut donner un bon exemple en procédant à une ratification rapide en début d'année », a dit M. Sencar. Pour le reste, beaucoup de travail attendra les Présidences slovène et française (deuxième semestre 2008) pour préparer la mise en œuvre pratique du traité à partir de janvier 2009. En effet, nombreuses sont les innovations institutionnelles introduites par le traité qui nécessiteront encore du travail technique et des décisions pour être appliquées, par exemple la mise en place du service diplomatique de l'UE (voir aussi l'étude du CEPS/EPC/Egmont dans EUROPE n° 9552). Sur toutes ces questions (une « quarantaine », selon M. Sencar), la Présidence slovène cherchera d'abord à obtenir une « vue horizontale » que seuls les « chefs », c'est-à-dire le Conseil européen, pourront donner. Ensuite, les décisions nécessaires devront être prises, la plupart sans doute sous Présidence française, avant la fin de 2008.
Elargissement. « Les frontières de l'UE devraient rester ouvertes », estime M. Sencar qui souligne que la Présidence slovène « soutient fortement la poursuite de l'élargissement ». Le processus d'adhésion de la Turquie et de la Croatie sera donc poursuivi avec détermination (certains chapitres de négociation avec la Croatie devraient être bouclés sous Présidence slovène, a-t-il remarqué sans se prononcer sur la Turquie) et les partenariats d'adhésion avec ces deux pays seront actualisés.
Stratégie de Lisbonne. Le nouveau cycle sera lancé lors du Conseil européen de mars. Pour
M. Sencar, aucun « changement radical » de la stratégie ne sera nécessaire, l'important étant de focaliser les efforts sur l'innovation, la recherche et le savoir-faire ou encore le développement des PME. L'énergie et les mesures de lutte contre le changement climatique figureront également au centre de la stratégie de Lisbonne.
Energie/changement climatique. La Commission présentera en janvier (très probablement le 23) ses propositions législatives pour la mise en œuvre du paquet « énergie/changement climatique » sur lequel un accord de principe avait été dégagé lors du Conseil européen de mars 2007. Le « scénario préféré » pour la Présidence slovène serait de parvenir à un accord sur ces propositions déjà lors de la première lecture au Parlement européen « vers la fin de 2008 ou dans les premiers mois de 2009 au plus tard », estime M. Sencar qui promet une coordination étroite sur ce dossier avec le PE et la prochaine Présidence française. Les deux Conseils européens du premier semestre 2008 (qui se tiendront tous les deux à Bruxelles) traiteront du dossier. Un accord rapide sur le paquet placerait l'UE dans une « très forte position » par rapport à ses partenaires internationaux dans le débat sur l'« après-Kyoto », notamment en vue de la conférence de Copenhague en décembre 2009. La Présidence slovène veut aussi poursuivre le travail sur la libéralisation du marché intérieur du gaz et de l'électricité, en tenant toutefois compte des « circonstances nationales » qui peuvent exister dans certains pays membres.
Dialogue interculturel. 2008 étant l'année européenne du dialogue interculturel, la Présidence slovène y attachera une « grande importance », avec plusieurs manifestations et conférences prévues. (H.B.)