login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9545
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/droits de l'homme

Le PE divisé sur l'interdiction de visa aux autorités ouzbèkes - Condamnation des violences contre les communautés chrétiennes et des hostilités en Somalie

Strasbourg, 16/11/2007 (Agence Europe) - Le Parlement européen s'est montré très partagé, jeudi 15 novembre à Strasbourg, sur l'ampleur des sanctions à imposer contre l'Ouzbékistan, en particulier en matière d'interdiction de visa. Il a retrouvé son unité pour condamner fermement non seulement « tous les actes de violence » perpétrés contre les communautés chrétiennes, mais encore les « graves violations » du droit humanitaire international et des droits de l'Homme commises par toutes les parties au conflit en Somalie.

Ouzbékistan. Le Parlement a rejeté à une courte majorité (35 voix pour le rejet, 28 contre et une abstention) une résolution commune aux groupes PSE, ALDE, Verts/ALE et GUE/NGL demandant à l'UE d'envisager sérieusement la suspension de l'accord de partenariat et de coopération UE/Ouzbékistan, d' « étendre l'interdiction de visa aux hauts fonctionnaires du gouvernement » et geler leurs avoirs dans les banques extraterritoriales européennes. Le PE a adopté (39 voix pour, 27 contre et une abstention) une résolution moins sévère des groupes PPE-DE et UEN. Il exprime sa « profonde inquiétude » face à la situation des droits de l'homme en Ouzbékistan, mais insiste sur le fait que la politique de sanctions ciblées « n'a produit aucun effet positif à ce jour ». Le PE se contente donc d'appuyer la décision prise par le Conseil Affaires générales du 15 octobre visant à suspendre pendant six mois les restrictions aux visas imposés aux fonctionnaires ouzbeks). Le PE se félicite des « progrès d'ensemble » dans les relations UE/Ouzbékistan au cours de l'année 2007. Il prend note en particulier de la volonté manifestée par les autorités ouzbèkes d'engager un dialogue avec l'UE en organisant deux cycles de débats d'experts concernant les événements d'Andijan, ainsi qu'un premier cycle de dialogue sur les droits de l'Homme entre l'UE et l'Ouzbékistan. Les autorités ouzbèkes sont tout de même invitées à « progresser davantage » dans le domaine des droits de l'Homme. Enfin, les parlementaires prient instamment le gouvernement ouzbek de libérer les quinze défenseurs des droits de l'Homme ouzbeks.

Communautés chrétiennes. Dans une résolution commune à cinq groupes (PPE-DE, PSE, ALDE, UEN IND/DEM), adoptée à une très large majorité (57 voix pour, 2 contre et une abstention), le PE « condamne fermement » tous les actes de violence perpétrés contre les communautés chrétiennes, où que ce soit, et prie les gouvernements concernés de poursuivre en justice les auteurs de ces crimes. La multiplication d'épisodes d'intolérance et de répression vis-à-vis des communautés chrétiennes a lieu dans des pays d'Afrique, d'Asie et du Moyen-Orient: Irak, Pakistan, Gaza, Egypte, Turquie, Philippines, Soudan, Chine et Vietnam. Le PE souligne que le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion est un droit de l'homme fondamental qui est garanti par différents instruments juridiques internationaux. Il demande à la Commission et au Conseil de soulever la question de la situation des communautés chrétiennes dans le cadre du dialogue politique avec les pays où elles sont menacées, par la promotion d'un engagement stratégique des pays concernés sur la base des traités internationaux sur les droits de l'homme. Enfin, il recommande que ses commissions compétentes examinent la situation des communautés chrétiennes, notamment au Moyen-Orient.

Somalie. Le Parlement condamne « énergiquement » les « graves violations » du droit humanitaire international et des droits de l'homme commises par toutes les parties au conflit en Somalie et demande « l'arrêt immédiat des hostilités ». Dans une résolution commune à cinq de ses groupes politiques (PPE-DE, PSE, ALDE, Verts/ALE, GUE/NGL) adoptée à une écrasante majorité (61 voix pour, 3 contre et aucune abstention), le PE exige aussi que toutes les factions en guerre s'abstiennent d'attaques aveugles contre les civils, et qu'un panel indépendant enquête sur les crimes de guerre et les violations des droits de l'homme. Selon le PE, le Sommet UE-Afrique (8-9 décembre) doit examiner d'urgence la grave situation qui prévaut en Somalie.

Au moins 80 personnes ont été tuées lors de récents combats entre, d'une part, les rebelles de l'Union des tribunaux islamiques et, d'autre part, les troupes éthiopiennes et du gouvernement fédéral transitoire (GFT), alliées. 450.000 personnes ont été déplacées du fait des combats en 2007, ce qui porte le nombre total des personnes déplacées, en Somalie, à plus de 850.000, en ce compris quelque 400.000 personnes déplacées depuis le début de la guerre civile dans les années 90. A moins que la communauté internationale ne « prenne rapidement des mesures énergiques pour stabiliser et améliorer progressivement la situation », le conflit somalien « risque de se transformer en une guerre régionale affectant la totalité de la Corne de l'Afrique », estiment les parlementaires, qui appellent la communauté internationale à intensifier les efforts diplomatiques en vue de mettre fin à la violence et d'obtenir un cessez-le-feu immédiat. Par ailleurs, il le PE demande la cessation de toute intervention militaire étrangère en Somalie.

Le PE se félicite des efforts faits par l'Union africaine pour réunir une force de maintien de la paix appelée à soutenir le processus de réconciliation nationale. Mais il déplore que, jusqu'ici, pas plus de 1.600 soldats, sur les 8.000 que l'Union africaine a accepté d'envoyer, ont été effectivement déployés. Enfin, il souhaite que « l'on commence à demander des comptes à ceux qui violent l'embargo sur les armes décrété contre la Somalie ». (L.C.)

 

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE