Bruxelles, 16/11/2007 (Agence Europe) - Placée haut dans l'agenda de la Présidence portugaise, l'Afrique le sera également dans l'agenda des ministres du Développement de l'UE, et fera le lien entre trois compétences du Conseil qui se réunira les 19 et 20 novembre à Bruxelles dans des formations à géométrie variable. La première stratégie commune UE/Afrique qui doit être adoptée au Sommet de Lisbonne (8 et 9 décembre), les difficultés rencontrées dans la négociation des accords de partenariat économique (APE), en particulier entre l'UE et les quatre régions africaines du groupe ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique), et l'amélioration des liens entre les politiques européennes de sécurité et de développement, constitueront les temps forts de la session « Développement ». Voici l'ordre du jour:
Stratégie UE/Afrique: tandis que les ministres des Affaires étrangères devraient adopter le projet de stratégie UE/Afrique et le projet de plan d'action corollaire dans la perspective du deuxième Sommet Europe/Afrique, les ministres du Développement auront un débat d'orientation sur la mobilisation des instruments de la coopération au développement et des ressources pour appuyer la stratégie et son premier plan d'action 2008-2010. Le contenu des deux documents axé sur des objectifs communs et des priorités stratégiques à mettre en œuvre pour le bénéfice mutuel des deux continents (paix et sécurité pour un monde plus sûr, gouvernance et droits humains, commerce et intégration régionale, accélération des progrès vers la réalisation des objectifs du millénaire) a été entériné par la troïka ministérielle UE/Afrique le 31 octobre à Accra (Ghana).
Sécurité et développement: les conclusions du Conseil devraient formuler des recommandations pragmatiques pour mieux articuler les opérations de sécurité à court terme avec les objectifs de développement à long terme, dans les domaines de la planification stratégique, de la réforme du secteur de la sécurité, des partenariats stratégiques entre l'UE et des régions en développement (comme la Stratégie UE/Afrique), l'aide humanitaire et la sécurité. Le Conseil informel Développement de Funchal (Madère, 21-22 septembre) avait posé les premiers jalons de cette réflexion commune (EUROPE n° 9507), avec la participation de la Commission qui entend présenter prochainement un document pour définir les spécificités des politiques humanitaire et de sécurité et les limites de l'engagement militaire (EUROPE n° 9508).
Accords de partenariat économique (APE): à moins de deux mois de la date-butoir du 1er janvier 2008 fixée par l'OMC pour l'entrée en vigueur des APE, le Conseil aura, avec Peter Mandelson, commissaire au Commerce et Louis Michel, commissaire au Développement, un débat d'orientation sur ce qu'il convient de faire pour surmonter les difficultés rencontrées et aller de l'avant dans les négociations. Les espoirs de la Commission se sont envolés de signer avant la fin de l'année un APE complet (sur les marchandises et les questions de Singapour) avec chacune des six régions ACP (EUROPE n° 9529 et 9528). La région Caraïbe fait figure d'exception. La région Pacifique s'oriente vers la signature d'un accord intérimaire sur les produits d'ici au 31 décembre, à compléter en 2008. Pour les quatre régions africaines, y compris l'Afrique australe, l'issue est plus qu'incertaine. Du côté européen, certaines délégations (Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas et pays scandinaves) sont inquiètes du devenir des pays ACP ne comptant pas parmi les moins avancés et qui ont beaucoup à perdre si, en l'absence d'APE, le SPG leur est appliqué au 1er janvier 2008. Leurs préoccupations devraient trancher avec celles de la France et l'Espagne qui s'inquiètent surtout du sort des bananes communautaires qu'elles voudraient voir protéger au même titre que le sucre et le riz, contre la concurrence des bananes ACP.
Aide de l'UE dans les pays en situation de fragilité: sur la base d'une communication de la Commission du 25 octobre, dans la foulée du Conseil informel Développement de Funchal, et du débat au Parlement lors de la dernière session plénière, le Conseil adoptera des conclusions sur les moyens d'améliorer la réponse de l'UE. (A.N)