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Bulletin Quotidien Europe N° 9545
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/climat

Le mandat de l'UE pour Bali doit se concentrer sur la réduction d'au moins 50% des émissions globales en 2050 - Les pays industrialisés ont le devoir moral d'aider les pays en développement

Strasbourg, 16/11/2007 (Agence Europe) - Le Parlement européen a défini, jeudi 15 novembre à Strasbourg, la position qu'il préconise pour une stratégie ambitieuse de l'UE à la prochaine conférence climatique de l'ONU (Bali, 3-14 décembre) où devraient être lancées les négociations internationales sur un cadre global de lutte contre le changement climatique au-delà de 2012, après l'expiration du Protocole de Kyoto. Une délégation officielle d'eurodéputés se rendra à Bali pour participer au segment ministériel de la conférence du 11 au 14 décembre.

C'est à une large majorité (398 pour, 29 contre, 63 abstentions) que le Parlement réclame des objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour tous les pays industrialisés, un système d'échanges de quotas d'émissions plafonné et une réduction des émissions globales d'au moins 50% d'ici à 2050 par rapport à 1990. Suivant leur rapporteur Satu Hassi (verte finlandaise), les eurodéputés ont en effet estimé que le mandat de l'UE pour Bali doit garder à l'esprit l'objectif à long terme de la Convention cadre des Nation unies sur le changement climatique qui est de limiter la hausse de la température à la surface de la planète à 2 degrés Celsius par rapport au niveau de l'ère préindustrielle. C'est là l'impératif minimal car les dernières données scientifiques disponibles suggèrent que même cet objectif pourrait s'avérer insuffisant pour éviter des effets significatifs négatifs du changement climatique, souligne le Parlement.

Selon les parlementaires, l'UE devrait, à Bali, se battre pour les éléments suivants: des objectifs contraignants de réduction des émissions pour tous les pays industrialisés d'au moins 30% d'ici à 2020 et de 60% à 80% à l'horizon 2050 par rapport à 1990 ; une participation plus large aux efforts de réduction, en particulier de la part des économies émergentes qui devraient poursuivre des objectifs équitables et proportionnés: les pays émergents les plus développés au plan économique devraient être capables de commencer à réduire leurs émissions ou la teneur en carbone de leur économie dès que leur niveau de développement le permettra, et au plus tard en 2020 ; un système mondial d'échanges de quotas d'émissions fondé sur l'allocation équitable et proportionnée des quotas ; le renforcement des mécanismes financiers pour l'adaptation au changement climatique ; des incitants efficaces pour éviter la déforestation (responsable de quelque 20% des émissions globales de gaz à effet de serre), parmi lesquels notamment l'encouragement des pratiques agricoles durables ; des instruments, financiers et autres pour le transfert et le déploiement de technologies propres et le renforcement du mécanisme de développement propre en faveur des pays en développement ; un accord sur un régime international en 2009 au plus tard.

A la grande satisfaction des eurodéputés du PPE-DE, la résolution votée rappelle que le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) reconnaît « le rôle joué par l'énergie nucléaire comme option permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre » et considère que l'énergie doit, lorsque cela est possible, être produite « à partir de toutes les sources exemptes de carbone ou de technologies pauvres en émissions, y compris nucléaires ».

Le Parlement réitère son appel à l'inclusion des émissions de l'aviation et du transport maritime dans les engagements internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour l'après-2012. Il insiste sur le caractère inéquitable du changement climatique dont les impacts sont inégalement répartis, et sur « l'obligation morale » qu'ont l'UE et les autres nations industrialisées d'aider les pays en développement - les plus durement frappés par les conséquences du réchauffement. Pour les eurodéputés, il en va des droits humains et de la justice globale. En énonçant, le 23 octobre, la recette d'une contribution active de l'UE au succès de Bali, la commission parlementaire temporaire sur le changement climatique avait largement balisé le terrain pour ce vote en plénière (EUROPE n° 9533). (A.N.)

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