Bruxelles, 16/11/2007 (Agence Europe) - Les questions de sécurité et de défense, ainsi que le développement domineront l'ordre du jour du Conseil Affaires générales et Relations extérieures des lundi 19 et mardi 20 novembre à Bruxelles. Les ministres des Affaires étrangères, ceux de la Défense et ceux de la Coopération au développement se réuniront, tout à tour, séparément ou par deux, selon une chorégraphie bien rodée. Outre la préparation du Conseil européen de décembre et des Sommets UE-Chine (28 novembre), UE-Inde (30 novembre) et UE-Afrique (9 décembre), les ministres adopteront des conclusions sur les Balkans, le Proche-Orient et l'Irak. D'autres conclusions seront aussi examinées lors des réunions conjointes sur la PESD (autre nouvelle) et sur les aspects liés au développement (autre nouvelle). En marge du Conseil aura aussi lieu lundi un Conseil d'association avec la Tunisie. Mardi se tiendront un Conseil UE-EEE (Espace Economique Européen) et une Troïka ministérielle avec la Turquie.
Conseil européen du 14 décembre. Dans la partie « Affaires générales », les ministres seront informés de l'état de préparation du Sommet de décembre, qui sera essentiellement consacré à des questions JAI (extension de la zone Schengen, politique de migration, terrorisme), des sujets économiques, sociaux et environnementaux (stratégie de Lisbonne, développement durable, changement climatique) ainsi que des questions de politique internationale, notamment le Kosovo et l'Afrique. Le Conseil de lundi tiendra aussi un débat public sur le programme de travail 2008 de la Commission européenne.
Kosovo. En présence du représentant de l'UE de la troïka internationale, Wolfgang Ischinger, les ministres discuteront de l'état des pourparlers entre Serbes et Kosovars albanais sur le futur statut de la province serbe. L'échéance du 10 décembre approche à grands pas - jusqu'ici, sans réelle perspective d'une solution négociée tant les positions semblent figées. Même si, lundi, les ministres européens devraient approuver des conclusions appelant les deux parties à « intensifier » les négociations, à montrer davantage de « flexibilité » et à trouver une « arrangement négocié », force est de constater que dans les coulisses, l'UE se prépare déjà à réagir à une déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo. Dans ce cas, affirment des diplomates cités dans la presse, les Vingt-sept pourraient maintenir une position commune, à condition d'obtenir de très fortes assurances sur le respect des droits de la minorité serbe et des autres groupes ethniques (notamment les Roms) vivant au Kosovo. Officiellement, la Présidence portugaise de l'UE ne veut pas encore envisager un tel scénario. « Nous n'en sommes pas encore là. Il y a encore du temps pour trouver un accord négocié », à condition que les deux parties fassent preuve de bonne volonté, a expliqué vendredi 16 novembre un diplomate portugais.
Bosnie-Herzégovine. Les ministres devraient exprimer leur préoccupation sur la situation politique dans le pays, appeler les dirigeants de la Fédération bosniaque-croate et de la Republika Srpska à retrouver le chemin du dialogue et réitérer leur soutien au représentant spécial de l'UE, Miroslav Lajcak.
Géorgie. Le Conseil fera le point sur la situation dans le pays où l'état d'urgence a été levé ce vendredi 16 novembre et où des élections présidentielles anticipées sont prévues pour le 5 janvier 2008.
Pakistan. Au déjeuner, les Vingt-sept discuteront du Pakistan, l'UE ayant déjà fait part de sa préoccupation depuis l'instauration de l'état d'urgence dans le pays le 3 novembre dernier par le président Pervez Musharraf (voir notamment EUROPE n° 9543) et appelé à la tenue d'élections législatives libres et justes en janvier.
Proche-Orient. A l'approche de la conférence prévue fin novembre à Annapolis aux Etats-Unis, ils discuteront avec le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, du processus de paix au Proche-Orient. Dans des conclusions, les ministres devraient rappeler leur soutien à la population palestinienne, appelant aussi à la mobilisation internationale en vue de la conférence des donateurs, prévue à Paris en décembre, sur le financement de la capacité administrative et de l'économie du futur Etat palestinien.
Liban. Malgré l'incertitude sur la tenue de l'élection d'un nouveau président et la suspension de la session parlementaire jusqu'au 21 novembre, les conclusions sur le Liban devraient constater l'esprit d'ouverture et de dialogue observé ces dernières semaines.
Iran. Toujours au déjeuner, les chefs de la diplomatie européenne auront un échange de vues avec
M. Solana sur le dossier nucléaire iranien. Une rencontre entre le Haut représentant et le négociateur en chef iranien, Saïd Jalili, est de plus en plus improbable avant la présentation du rapport de M. Solana aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne.
Irak. Les ministres rencontreront ensuite leur homologue irakien, Hoshyar Zebari. Leurs conclusions souligneront notamment l'importance d'un dialogue continu et de la coopération entre l'Irak et la Turquie.
Myanmar. Après l'accord politique intervenu en octobre (EUROPE n° 9524), le Conseil adoptera sans discussions une position commune sur les mesures restrictives contre le régime, ainsi que des conclusions sur le sujet. (A.B./H.B.)