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Bulletin Quotidien Europe N° 9510
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/agriculture

Un petit coup de pouce pour la production de céréales - Une nouvelle mesure annoncée par Mme Fischer Boel

Bruxelles, 26/09/2007 (Agence Europe) - Les ministres de l'Agriculture des vingt-sept pays de l'UE ont dégagé un accord politique à l'unanimité, mercredi 26 septembre, sur la proposition qui devrait permettre d'atténuer quelque peu la tension qui existe depuis le début de l'année sur le marché des céréales. La proposition permet aux agriculteurs de ne pas respecter, pour les semis de l'automne 2007 et ceux du printemps 2008, le taux obligatoire de mise en jachère des terres, qui est de 10%. Cette dérogation passagère aux dispositions sur la jachère devrait permettre d'accroître la récolte 2008 de céréales de 10 à 17 millions de tonnes.

L'avenir du système de mise en jachère obligatoire fera partie des discussions sur le «bilan de santé » de la Politique agricole commune (PAC). La Commission va lancer une réflexion sur la manière de préserver les effets positifs de la jachère sur l'environnement. La Commission rappelle que les agriculteurs ne seront pas obligés de remettre en culture les terres jusqu'alors gelées. Ils peuvent, s'ils le souhaitent, les maintenir en jachère et continuer de mettre en œuvre des programmes en faveur de l'environnement. Mariann Fischer Boel, la commissaire à l'Agriculture, a salué une prise de décision rapide au profit des agriculteurs, qui pourront ainsi « planifier à temps » les récoltes de l'année prochaine.

Le « oui » du Parlement. Quelques heures avant l'accord des Etats membres, le Parlement européen a approuvé, moyennant quelques amendements, la proposition de la Commission. Les parlementaires ont suggéré que cette dérogation sur l'obligation de mettre les terres en jachère soit prolongée d'une année supplémentaire (2009). Ils ont aussi demandé que la Commission réalise une étude sur les conséquences environnementales de la suppression de cet instrument, qui avait été conçu notamment pour préserver la biodiversité. Lors du débat dans la soirée du 25 septembre, la plupart des parlementaires ont souligné que la crise actuelle sur le marché des céréales ne serait pas résolue par cette proposition sur la jachère. Le « bilan de santé » de la PAC devrait, selon eux, être mis à profit pour entamer une discussion plus profonde sur les instruments de gestion du marché.

« Le PE a montré qu'il savait agir vite…la sécurité des approvisionnements alimentaires redevient un sujet d'actualité et l'Europe a la responsabilité morale de produire plus de céréales », a déclaré le rapporteur sur le dossier, le conservateur britannique Neil Parish. « Le moment est venu de supprimer cette obligation de mise en jachère. Dans le même temps, nous devons reconnaître que la jachère a eu des avantages sur le plan écologique et nous devrons réfléchir à de nouveaux instruments », a ajouté celui qui est aussi président de la commission parlementaire de l'agriculture.

La Néerlandaise Esther De Lange a estimé, au nom du groupe PPE, que la jachère n'avait plus de raison d'être aujourd'hui. Luis Manuel Capoulas Santos (PSE, portugais) a admis que l'UE ne pourra pas résoudre le problème uniquement en diminuant les surfaces en jachère. « Il faut aller plus loin et étendre sur deux ans la mesure de suspension de la jachère ». « Il va falloir que vous revoyez la question en 2008 et que vous fassiez une proposition plus générale sur l'avenir de l'assolement », a lancé Friedrich-Wilhelm Graefe zu Baringdorf (Verts/ALE, allemand), en s'adressant à la Commission. Pour Vincenzo Aita (GUE/NGL, italien), la Commission doit maintenant se livrer à une analyse détaillée de la hausse des coûts de l'alimentation humaine « qui met de nombreuses familles en difficulté en Europe ».

Suspension des droits à l'importation de céréales. Dans la foulée de l'accord du Conseil Agriculture sur la suppression passagère des obligations en matière de jachère, Mme Fischer Boel a annoncé aux ministres européens que la Commission allait adopter « dans quelques jours » une proposition visant à suspendre, jusqu'à la fin de la campagne (30 juin 2008) les tarifs douaniers à l'importation payés par les opérateurs européens. L'Union européenne se trouve dans une situation très difficile, car elle ne parvient plus à subvenir à ses besoins en céréales, surtout pour nourrir le bétail. La suspension provisoire de ces droits de douane permettra d'augmenter les importations de céréales en provenance de pays-tiers.

Le prix mondial du maïs a bondi de 85% entre 2005 et 2006. Celui du blé a augmenté de 60% depuis l'an dernier. Cette tendance se répercute sur les prix de nombreuses denrées alimentaires, comme les pâtes ou le pain, mais aussi les produits laitiers, puisque les céréales sont aussi utilisées pour nourrir le bétail. En cause: des aléas climatiques (pluies dans le nord de l'Europe, sécheresse dans le Sud de l'Europe et en Australie), une demande en forte hausse dans les pays émergents comme la Chine ou l'Inde (où les habitudes alimentaires changent) et le développement, en particulier aux Etats-Unis, des biocarburants. (lc)

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