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Bulletin Quotidien Europe N° 9510
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/onu/climat

à New York, l'UE confirme ses ambitions pour l'après-Kyoto dans le cadre des Nations Unies - Réplique des Américains à Washington

Bruxelles, 26/09/2007 (Agence Europe) - A trois mois de la conférence de Bali où se réuniront les parties à la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Indonésie, 3-14 décembre), les initiatives politiques se multiplient pour accélérer les préparatifs d'une échéance capitale pour la négociation d'un régime global de lutte contre le réchauffement, qui succédera au Protocole de Kyoto, au-delà de 2012.

Tandis qu'à New York, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon a lancé, le 24 septembre, un vibrant appel aux dirigeants de la planète pour qu'ils s'engagent résolument et sans tarder dans les négociations sur l'après-Kyoto, c'est à Washington que George Bush conviera, ces 26 et 27 septembre, les 15 pays les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre - dont les grands pays émergents. Une initiative perçue par de nombreux observateurs comme le sabordage du processus onusien - ce dont les Etats-Unis se défendent.

Plus de cent cinquante pays ont participé à la réunion de haut niveau sur les changements climatiques convoquée par Ban Ki- Moon avant que ne s'ouvre la soixante-deuxième session de l'Assemblée générale de l'ONU, pour insuffler de l'élan aux négociations. « Bali doit proposer un calendrier de négociations afin de combattre les changements climatiques sur tous les fronts, et notamment l'adaptation, l'atténuation des effets, les technologies propres, la déforestation et la mobilisation des ressources », estime M. Ban, qui a fait de cette question une de ses principales priorités. « Bali doit offrir une réponse politique aux rapports scientifiques récents du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Tous les pays doivent faire leur possible pour arriver à un accord d'ici à 2009 et faire en sorte qu'il entre en vigueur en 2012 à l'expiration de la période d'engagement en cours du Protocole de Kyoto ».

En participant à cette réunion, l'UE a réaffirmé ses ambitions, telles qu'arrêtées par le Conseil européen de mars dernier, et exprimé une nouvelle fois l'importance qu'elle attache au succès d'un processus placé sous la houlette des Nations Unies, seul cadre approprié. José Socrates, Premier ministre portugais et président du Conseil européen, a rappelé que « pour éviter les retombées dangereuses des changements climatiques, l'accroissement de la température moyenne à la surface du globe ne doit pas se situer plus de 2 degrés Celsius au-dessus des niveaux de l'ère préindustrielle d'ici la moitié du siècle. Ce sont des objectifs ambitieux, certes, mais réalisables. L'UE a une vision claire du cadre dont nous avons besoin. L'ampleur du défi que nous avons à relever exige une coopération internationale sans précédent appelant tous les pays à se rallier à cet effort mondial afin de stopper les changements climatiques selon le principe des responsabilités communes mais différenciées, et les moyens respectifs ». Cela passe, selon lui, par un accord international sur une réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 par rapport à 1990, avec des objectifs contraignants et identiques pour tous les pays industrialisés, et le concours des pays en développement les plus avancés ; - l'examen des émissions dues à la déforestation, à l'aviation et aux transports maritimes internationaux ; - la rentabilisation des coûts par le développement du marché mondial du carbone et le recours au mécanisme de développement propre ; - l'inscription de l'adaptation aux changements climatiques au premier plan des agendas politiques. « L'Union européenne se félicite de toutes les initiatives en cours, aux différents niveaux, visant à conclure un accord international sur les changements climatiques. Mais disons-le clairement, il est indispensable que le processus de l'ONU face aux changements climatiques reste le forum adéquat pour négocier toute action future à l'échelle mondiale », a ajouté M. Socrates.

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a précisé que, dans la perspective de Bali, la Commission travaille activement à « un paquet de mesures pour renforcer le système communautaire d'échange de quotas d'émissions (ETS), pour accroître l'efficacité énergétique dans tous les secteurs de l'économie européenne, pour étendre le recours aux énergies renouvelables, pour atteindre une économie à faible teneur en carbone qui soit à la fois efficace et innovante ». Appelant à donner aux négociateurs à Bali « un mandat clair pour lancer les négociations en vue d'un accord global post-2012 », M. Barroso a invité le Secrétaire général Ban Ki-Moon à « organiser un suivi de cette rencontre de haut niveau dans la première moitié de 2009, pour aider à la conclusion d'un accord global avant la fin de 2009. Une pierre dans le jardin des Américains ? Ces derniers se défendent d'être les instigateurs d'un processus parallèle pour court-circuiter l'ONU. Conscient de la suspicion qu'éveille la réunion de Washington, Boyden Gray, l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'UE, a précisé le 25 septembre à la presse à Bruxelles, que le président américain a participé au dîner de travail à New York - la preuve, selon lui, que George Bush attache la même importance aux deux réunions. La réunion de Washington n'a pas vocation à « supplanter les Nations unies mais à soutenir et à accélérer » le processus, a précisé l'ambassadeur. A ses yeux, le plus important, c'est de parvenir à un accord, or « il est plus simple », de négocier avec un nombre restreint de pays. (an)

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