Bruxelles, 20/09/2007 (Agence Europe) - La réunion, jeudi 20 septembre à Bruxelles, du Groupe de Lisbonne du Comité économique et social européen (CESE) sur le thème « Stratégie de Lisbonne renouvelée: printemps 2006 - printemps 2008 », a permis de mettre en exergue la contribution du CESE et des conseils économiques et sociaux nationaux (CES) à la conception et à la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne. Leurs travaux, auxquels la société civile a été associée, ont mis en relief la nécessité d'avoir une stratégie de Lisbonne « plus verte », une meilleure communication avec les citoyens sur l'Europe en général, des marchés mondiaux dans lesquels les entreprises, et surtout les PME, puissent bénéficier d'un environnement dynamique, et d'améliorer la cohérence entre l'agenda interne de l'UE et son travail externe.
La conseillère spéciale du Premier ministre portugais dans le cadre de la Présidence de l'UE, Maria Joao Rodrigues, a rappelé que la Présidence de l'UE avait « la ferme intention d'arriver à un accord sur le Traité lors du Sommet informel d'octobre à Lisbonne et qu'elle allait « fort probablement ajouter un deuxième thème à son ordre du jour portant sur le nouveau cycle de l'agenda de Lisbonne, y compris sa dimension internationale ». Des conclusions sur ce nouveau cycle seront adoptées au Sommet européen de décembre. Pour la Présidence portugaise, il faut conserver l'architecture principale de la stratégie (les lignes directrices intégrées Economie et Emploi), « parce qu'elle est claire ». Ces lignes directrices doivent être insérées dans les programmes nationaux de réforme. En ce qui concerne les perspectives futures, nous sommes confrontés à trois défis actuels, a rappelé Mme Rodrigues: (1) les changements climatiques, qui sont devenus une menace. La stratégie de Lisbonne doit devenir « plus verte » en mettant l'accent sur les questions environnementales et énergétiques ; (2) l'emploi et les problèmes démographiques ; (3) les marchés qui doivent devenir mondiaux. De tels marchés sont « une opportunité pour l'Europe, par exemple par les investissements qu'ils apportent ». Mme Rodrigues a ajouté qu'une nouvelle priorité des travaux en cours était d'améliorer les normes environnementales et sociales au niveau mondial. Et de rappeler qu'à cette fin, la Présidence préparait les Sommets avec la Chine, l'Inde, le Brésil. « Si nous avons le Traité, l'Europe aura plus de moyens pour son action internationale », a-t-elle précisé.
Au nom de la Commission européenne, M. de Graaf a fait part de l'évaluation de cette dernière: (1) la stratégie de Lisbonne commence à porter ses fruits: il y a des changements de paradigme au niveau local et régional et en termes de croissance ; (2) les réformes les plus difficiles (du marché de l'emploi, marché unique, questions sociales) ont été amorcées ; (3) nous disposons à présent de tous les instruments nécessaires pour améliorer la situation: lignes directrices intégrées et programmes nationaux de réforme, fonds structurels. A présent, il faut dégager un consensus sur les objectifs à suivre: « Que devons-nous faire ? Où doit être l'Europe en 2010 ? ». Ce sont les questions que pose le document que prépare la Commission et qui sera publié le 3 octobre. Dans son document, la Commission estime qu'il faut s'en tenir à quatre priorités: (1) la recherche et l'innovation ; (2) un environnement dynamique sur la scène mondiale pour les entreprises, surtout pour les PME ; (3) l'employabilité des personnes ; (4) l'énergie et le changement climatique. « Ce qu'il faut, c'est une stratégie de Lisbonne plus verte et s'investir dans les domaines sociaux: éducation, qualifications, démographie, émigration, environnement des entreprises », a ajouté M. de Graaf en indiquant que ce document sera sur la table du Sommet européen des 15 et 16 mars qui se tiendra sous Présidence slovène de l'UE. Et de conclure sur la nécessité de « mieux communiquer pour faire participer les citoyens aux politiques européennes. Le rôle du CESE est ici essentiel vis-à-vis des Etats membres », a conclu l'expert.
En réponse aux différents intervenants, Maria Joao Rodrigues a précisé: (1) en matière de participation et de communication des citoyens, « nous sommes à la traîne ». Le Comité doit envoyer un « message fort au Conseil européen pour qu'il dispose de plus de moyens pour mieux communiquer » ; (2) retard aussi dans le dossier des compétences: « il faut se concentrer sur les qualifications nécessaires pour l'innovation et organiser des actions au niveau sectoriel en réunissant la société civile, les instituts de recherche, les universités, etc. Il faut un lien fort entre recherche, compétitivité et innovation» ; (3) inclusion sociale: « le Conseil des ministres et les parties prenantes doivent développer une approche d'inclusion sociale active, c'est-à-dire participation au marché du travail, accès aux services publics et revenus de base » ; (4) comment avoir un budget qui tienne mieux compte à l'avenir de la stratégie de Lisbonne ? « en travaillant plus avec la BEI et le pacte de stabilité et de croissance ». (gb)