Porto, 17/09/2007 (Agence Europe) - Pour réagir à la pénurie actuelle de certaines matières premières, plusieurs ministres de l'Agriculture des Etats membres de l'UE ont préconisé, lundi 17 septembre, une hausse temporaire des quotas de production de lait. Une mesure à laquelle ne s'oppose pas Mariann Fischer Boel, la commissaire à l'agriculture et au développement rural.
En promenade avec ses homologues de l'UE dans la vallée du Douro, la ministre néerlandaise de l'Agriculture, Gerda Verburg, a expliqué à un groupe de journalistes que son pays demandait une hausse de 2 à 3% des quotas européens de production de lait, qui s'appliquerait dès la prochaine campagne de commercialisation, à savoir avril 2008. Cette mesure permettrait de répondre en partie au problème de pénurie de lait sur le marché européen et mondial. La demande néerlandaise a été soutenue par la Pologne, l'Italie et l'Espagne, des pays connus pour leur position en faveur de la fin des quotas. Michel Barnier, le ministre français, a dit qu'il n'était pas opposé à cette demande de produire plus, en ajoutant toutefois qu'il devait analyser avec la filière du pays les conséquences d'une augmentation des quotas. Il a rappelé l'importance du rôle des quotas de lait en France, qui « sont attachés » à un territoire dans des zones souvent fragiles. Parmi les ministres interrogés, seul le Luxembourgeois s'est montré plus prudent. Fernand Boden a affiché sa préférence pour une baisse du montant des pénalités à payer par les producteurs en cas de dépassement de leur quantité de référence. Il a suggéré aussi de jouer sur la teneur en matières grasses du lait pour réduire les pénalités.
Je ne suis pas têtue. Si la demande est forte (en faveur d'une augmentation) à cause des prix élevés, alors je suis prête à en discuter, a répondu Mme Fischer Boel.
Toujours dans le contexte des prix élevés de certaines matières premières, les ministres de l'Agriculture de l'UE ont fait savoir qu'ils seraient en mesure d'adopter, dès le 26 septembre (dans la foulée de l'avis favorable du Parlement européen), le règlement permettant de fixer à zéro, en 2008, le taux obligatoire des terres à mettre en jachère (EUROPE n°9501).
Un accord sur le bilan de santé sous présidence française
Mme Fischer Boel a donné quelques précisions sur le calendrier du débat sur le bilan de santé de la Politique agricole commune (PAC): - une communication le 20 novembre, suivie de conclusions du Conseil au printemps 2008 ; - des propositions formelles (législatives) en mai 2008 en vue d'un accord politique des ministres européens au cours de la Présidence française du Conseil des ministres de l'UE.
Michel Barnier a confirmé, en marge de la réunion informelle de Porto, que parallèlement aux débats sur le « bilan de santé » (qui devraient apporter des « ajustements limités » aux politiques), la France engagera en 2008 une réflexion « plus globale » sur la nouvelle PAC de l'après 2013. M. Barnier a fait valoir l'importance de mener le débat sur l'agriculture avant celui, en 2009, sur la révision du budget de l'UE. (lc)