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Bulletin Quotidien Europe N° 9461
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/politique industrielle

En réponse aux défis de la mondialisation et du climat, l'approche intégrée de la Commission reste valide

Bruxelles, 04/07/2006 (Agence Europe) - La nouvelle politique industrielle proposée par la Commission en octobre 2005 (EUROPE n° 9042) était, pour la première fois, basée sur une approche intégrée s'appuyant à la fois sur des initiatives sectorielles et horizontales. Depuis, l'industrie européenne a fait preuve de performances positives dans un contexte de mondialisation accrue et de changements technologiques rapides. Deux ans après son adoption, l'approche de la Commission reste en grande partie valide en ce qui concerne la mondialisation et le progrès technologique. Elle l'est également au vu des défis posés par le changement climatique qui va exiger de nouveaux efforts d'adaptation de l'industrie européenne pour saisir les possibilités offertes par les nouveaux processus et produits économes en énergie et en ressources. Tel est le message adressé par la Commission dans son examen à mi-parcours de la politique industrielle rendu public mercredi.

Un rapide tour d'horizon des performances de l'industrie européenne confirme sa bonne santé actuelle. Avec une croissance moyenne de 2,6% par an ces deux dernières années, elle continue à jouer un rôle moteur dans l'économie européenne, aussi bien au plan de la croissance (contribution à hauteur de 20% du PIB de l'Union), de l'innovation (elle assure 81% des dépenses du secteur privé en R&D), de l'emploi qualifié que du commerce (73% des exportations communautaires sont des produits innovants). Indirectement, l'industrie contribue au dynamisme du secteur des services et à la croissance de l'emploi. La spécialisation continue, les changements de la composition des qualifications de l'emploi, les investissements dans la technologie et la restructuration des chaînes de création de valeur ont contribué à la croissance continue de la productivité du travail dans l'industrie qui s'est accrue de 2,9% par an en moyenne sur la période 2001-2006 (en comparaison, la productivité du travail dans l'économie européenne dans son ensemble a cru de 1,1%). La Commission souligne néanmoins que l'industrie européenne reste spécialisée dans les secteurs de moyenne technologie et n'a pas profité de la croissance rapide de certains secteurs de haute technologie ni des opportunités offertes par les technologies de l'information et de la communication (TIC). Elle note, en outre, que l'Union est comparativement plus lente, au plan intra sectoriel, pour réallouer les ressources vers les entreprises les plus productives, ce qui révèle un haut degré de rigidité dans l'Union et que la structure de l'industrie européenne s'adapte lentement aux changements du marché et aux développements technologiques.

En complément des efforts déployés à l'échelle nationale pour soutenir une base industrielle solide et dynamique en Europe, la nouvelle politique industrielle communautaire repose sur la mise en œuvre de sept initiatives horizontales et d'autant d'initiatives sectorielles. Citons en particulier le groupe de haut niveau sur la compétitivité, l'énergie et l'environnement, le groupe de haut niveau sur les textiles et la stratégie pour la protection de la propriété intellectuelle (DPI), l'initiative EnginEurope (industrie mécanique), la task force sur la compétitivité du secteur ICT, le Forum pharmaceutique, le Forum de l'industrie de défense, l'initiative CARS21 (industrie automobile) et l'initiative LeaderSHIP 2015 (industrie navale).

Pour la Commission, les récentes évolutions économiques montrent qu'il n'est pas nécessaire d'opérer un changement fondamental dans la politique industrielle proactive et non interventionniste à l'échelle communautaire. Néanmoins, le climat, la mondialisation et le progrès technologique sont autant de défis qui exercent une pression concurrentielle sur l'économie européenne et la poussent à s'adapter. Face au défi climatique, la Commission souligne la nécessité de prêter une attention particulière à deux secteurs: l'industrie des biens et services environnementaux et l'industrie à haute intensité énergétique. Pour la première, elle prévoit de mettre sur la table début 2008 un plan d'action pour lever les contraintes réglementaires et autres entraves qui empêchent l'exploitation pleine et entière des nouveaux débouchés commerciaux. Pour la seconde, elle s'efforcera d'utiliser divers instruments (politique énergétique extérieure, politique commerciale et dialogues industriels) et mettra sur la table un document stratégique à l'automne. Pour ce qui est de la mondialisation, les initiatives de la Commission en 2007-2009 auront pour principal objectif de préserver l'accès aux matières premières et d'améliorer l'accès aux marchés extérieurs. En matière de progrès technologique, la plupart des indicateurs de l'innovation et de R&D montrent que l'Union a encore un retard important en matière d'innovation par rapport aux États-Unis et au Japon. La Commission mettra donc l'accent sur trois priorités pour stimuler l'innovation: l'intégration des entreprises en grappes (clusters) pour collaborer avec les instituts de recherche, les fournisseurs, les clients et les concurrents, le développement de « marchés pilote » pour libérer le potentiel commercial des produits innovants et l'utilisation accrue des normes.

La Commission identifie également des domaines où renforcer certaines des initiatives en cours: l'amélioration de l'environnement réglementaire et la réduction de la charge administrative des entreprises, l'exploitation optimale des synergies entre protection de l'environnement, sécurité de l'approvisionnement énergétique et compétitivité de l'industrie, la transition vers une économie à faible teneur en carbone et à haut rendement énergétique, la protection des DPI et l'interdépendance entre l'industrie et les services. (eh)

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