Bruxelles, 20/06/2007 (Agence Europe) - Avant de rejoindre les autres négociateurs en chef du G-4 (Union européenne, Etats-Unis, Brésil et Inde) le 19 juin à Potsdam, Peter Mandelson a évoqué, devant les ministres des Affaires étrangères de l'Union réunis lundi dernier à Luxembourg, trois issues possibles pour la réunion ministérielle du « quatre majeur ». La première serait que, en négociant à « la limite de leur flexibilité », le commissaire au Commerce et ses partenaires américain, brésilien et indien, respectivement Susan Schwab, Celso Amorim et Kamal Nath, parviennent à un compromis sur des concessions mutuelles sur l'agriculture, les produits industriels (NAMA) et les services. Un compromis qui servirait de base à un projet d'accord multilatéral à Genève entre les 150 pays membres de l'OMC. Un scénario rêvé qui fait toutefois face aux réticences bien connues de chacun des quatre acteurs à offrir des concessions dans des domaines particuliers: les soutiens internes agricoles pour les Américains, l'accès au marché agricole pour les Européens (comme, en partie, pour l'Inde) et l'accès au marché dans l'industrie et les services pour les deux géants émergents. Les deux autres scénarios possibles, qui sont des « progrès limités » ou un « échec total », seraient néfastes pour l'Union car ils permettraient à Pascal Lamy de « reprendre l'initiative » pour éventuellement imposer sa solution et, ainsi, « mettre l'Union sous pression pour faire davantage de concessions sur le volet agricole ». En effet, si le G-4 ne parvient pas au compromis tant attendu sur les modalités de libéralisation des échanges agricoles et de produits industriels, il deviendra très difficile pour le directeur général de l'OMC de calmer l'impatience des 146 autres membres de l'OMC. En outre, la crainte que l'Union soit, avec les Etats-Unis, tenue pour principale responsable d'un échec du round par l'ensemble des pays en développement vient renforcer la détermination de Peter Mandelson à obtenir un accord intermédiaire en Allemagne. La réunion du G-4 se déroulant parallèlement à un Conseil européen (les 21/22 juin) qui, consacré à la relance du traité constitutionnel, devrait donner lieu à une véritable bataille entre les Vingt-sept, le commissaire au Commerce devrait par ailleurs pousser pour qu'un éventuel compromis à Potsdam ne soit pas dévoilé avant la fin des discussions à Bruxelles. Il devra néanmoins faire part des résultats de la réunion du G-4, qui pourrait se prolonger jusqu'à dimanche, aux ministres du Commerce de l'Union le 25 juin à Luxembourg. (eh)