Bruxelles, 15/06/2007 (Agence Europe) - A Luxembourg, les discussions des ministres des Affaires étrangères de l'UE porteront largement sur la préparation du Conseil européen des 21 et 22 juin et sur l'inquiétante évolution de la situation au Moyen-Orient, en particulier dans les territoires palestiniens (voir autre nouvelle). Dès dimanche soir, sous la Présidence de Frank-Walter Steinmeier, les Vingt-sept tenteront de progresser en vue d'un accord au Conseil européen sur les principaux éléments du futur Traité de l'UE (voir autre nouvelle). Le lendemain, lundi, ils reviendront sur les autres dossiers abordés dans les conclusions des chefs d'Etat ou de gouvernement (justice et affaires intérieures, questions économiques et sociales, relations extérieures). En marge du Conseil, auront lieu deux Conseils de coopération, l'un lundi soir avec l'Ukraine, l'autre mardi matin avec la Moldova. Mardi après-midi se tiendra une Troïka entre l'UE et l'Albanie.
Lundi, le Commissaire au commerce, Peter Mandelson, fera d'abord le point avec les ministres sur l'état des discussions sur le cycle de Doha, alors qu'une réunion ministérielle du G4 est prévue du 19 au 22 juin à Potsdam (EUROPE n° 9446). Le Conseil devrait ensuite approuver sans changement substantiel les conclusions adoptées mardi dernier au Conseil JAI concernant une approche globale sur les migrations. En vue du Sommet, le Conseil examinera aussi deux priorités de la Présidence allemande, qui ne devraient pas donner lieu à de grandes discussions. Ainsi, il adoptera d'une part un rapport sur les progrès effectués pour renforcer la politique européenne de voisinage (PEV), ainsi que des conclusions qui s'y rapportent, et avalisera d'autre part le projet de stratégie de l'UE pour l'Asie centrale (EUROPE n° 9442).
La liste des questions internationales qui seront évoquées par les ministres est longue (avec des conclusions sur l'Afghanistan, l'Ouganda, les armes légères et de petit calibre, etc.), mais la situation au Moyen-Orient sera le sujet le plus brûlant. Le Conseil en discutera au déjeuner avant de se réunir dans l'après-midi avec la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, pour une rencontre prévue de longue date. Dans des conclusions qui restent à finaliser, le Conseil reviendra sur le déroulement des événements au Liban, mais surtout ceux en Palestine. Ce qui s'y passe est « quasiment le pire » et « l'espoir de la création d'un Etat palestinien est quasiment réduit à néant », a constaté vendredi un haut diplomate européen, qui n'exclut pas qu'en fonction de l'évolution sur place, le Conseil européen soit amené à se prononcer.
Le Conseil débattra ensuite des meilleurs moyens pour renforcer l'engagement de l'UE en faveur d'une solution politique à la crise au Darfour. Les développements les plus récents serviront de toile de fond au débat, en particulier le refus opposé par Khartoum à l'offre française visant sa participation à la conférence internationale sur le Darfour convoquée à Paris le 25 juin et les consultations tripartites d'Addis-Abeba (11-12 juin), à l'issue desquelles le gouvernement soudanais a marqué son accord pour le déploiement d'une force hybride de maintien de la paix ONU/UA. Le texte des conclusions qui seront adoptées par le Conseil reste lui aussi ouvert, leur contenu étant, pour l'essentiel, subordonné à la visite qu'effectuera le Conseil de sécurité des Nations Unies, le 17 juin à Khartoum.
Dans des conclusions sur Cuba, l'UE fait une proposition de dialogue général adressée aux autorités de La Havane (y compris sur les droits de l'Homme), mais elle ne modifie pas sa position commune prévoyant des sanctions contre le pays. « On ne changera rien », a assuré le même diplomate, précisant que l'UE continuera à défendre les droits de l'Homme et à exiger la libération des prisonniers politiques. L'approche européenne reste donc double selon lui, incluant des voies de communication avec le régime et affichant sa solidarité avec l'opposition cubaine.
Les conclusions sur les Balkans occidentaux porteront sur la Serbie, avec qui l'UE vient de reprendre les négociations en vue d'un accord de stabilisation et d'association (EUROPE n° 9445), mais aussi sur la facilitation des visas et les accords de réadmission avec les pays de la région (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Monténégro et Serbie), ainsi que sur le Kosovo. Pour l'UE, qui soutient les efforts de Martti Ahtisaari, le statut du Kosovo doit être réglé par une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU (EUROPE n° 9443).
Enfin, la Présidence allemande soumettra une proposition au Conseil sur la manière d'aborder, aux Nations Unies, la question d'un moratoire international sur la peine de mort. Beaucoup pensent, y compris la Commission, qu'une telle initiative devrait encore être peaufinée pour s'assurer d'une majorité suffisante avant d'être présentée à l'Assemblée générale de l'ONU.
Au déjeuner, les ministres reviendront sur leurs relations avec la Ligue arabe et sur la question du nucléaire en Iran, qui a peu évolué depuis les discussions entre Javier Solana et Ali Larijani à Madrid fin mai (EUROPE n° 9437). Ils évoqueront aussi le sort des infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort en Libye, en faveur desquels des négociations sensibles ont été entamées (EUROPE n° 9443). (ab)