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Bulletin Quotidien Europe N° 9447
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

La Commission a suggéré un tournant réaliste pour les relations UE-Brésil

Renforcer les relations bilatérales. L'initiative de la Commission européenne pour un partenariat UE-Brésil laisse enfin de côté les projets irréalistes et s'oriente vers le renforcement concret des relations bilatérales. Combien de temps a-t-on perdu dans des négociations sans fin et sans issue, comme la création de «la plus grande zone de libre-échange du monde» entre l'UE et le Mercosur, qui suscitait l'enthousiasme d'un certain nombre de parlementaires européens ou de professeurs universitaires! La communication toute récente de la Commission au Conseil et au Parlement européen (voir notre bulletin N. 9436) a deux grands mérites: reconnaître l'impasse des négociations UE-Mercosur ; mettre en relief l'importance des relations avec le Brésil, dans la perspective du Sommet bilatéral qui se déroulera le 4 juillet à Lisbonne.

Echec reconnu. Le mot «échec» ne figure pas dans le texte à propos des négociations UE-Mercosur ; les usages diplomatiques l'interdisent. Mais il n'est pas nécessaire d'être particulièrement subtil pour le lire entre les lignes. La Commission indique que les négociations UE-Mercosur «n'ont pas encore abouti en raison de l'absence de progrès sur le chapitre commercial, ce qui a jusqu'ici empêché la création d'une association stratégique de plus grande envergure» entre les deux parties. Bien entendu, l'UE « reste attachée à la consolidation d'une relation politique et économique solide avec le Mercosur en tant qu'ensemble», mais «en développant ses relations bilatérales avec les pays de la région». Et en plus du Brésil, elle cite l'Argentine. Le renforcement des relations euro-brésiliennes « ne peut que bénéficier aux relations UE-Mercosur et favoriser l'intégration au sein du Mercosur». Toutefois, le Mercosur « traverse actuellement une phase difficile ; le groupe doit encore finaliser un grand nombre d'aspects de son intégration économique, tels que l'achèvement de l'Union douanière (…) Les gouvernements du Mercosur font généralement preuve d'une grande circonspection lorsqu'il s'agit pour eux de transférer une partie de leurs compétences à des institutions supranationales, dans la perspective d'une intégration économique et politique ». Avec quelle délicatesse ces choses sont dites ! La signification en est simple: il est impossible pour l'UE d'envisager un accord ambitieux de groupe à groupe, si de l'autre côté il n'y a pas de groupe ; il est impossible de créer une colossale zone de libre-échange si de l'autre côté le libre-échange n'existe pas et si les institutions qui devraient la gérer n'ont aucun pouvoir (l'expérience de l'Europe enseigne à quel point l'intégration économique et commerciale présuppose des règles communes et institutions supranationales).

La Commission observe que le renforcement des liens euro-brésiliens pourrait contribuer à amener le Mercosur à «renforcer son ambition et son efficacité». Mais ce n'est pas un conseil et même pas un encouragement de sa part, tout juste un espoir, car elle écrit: « Nous espérons que le Brésil contribuera de manière constructive à la conclusion d'un accord UE-Mercosur à la fois équilibré et complet ». Ainsi soit-il. Pour le moment, certains pays du Mercosur n'ont aucune intention de libéraliser les échanges.

Brésil, partenaire stratégique. Les responsables de la Commission semblent avoir pris conscience de la réalité (il leur reste à convaincre quelques parlementaires européens et professeurs universitaires), et ils misent enfin sur les relations bilatérales avec les pays du Mercosur qui ont la capacité et la volonté politique de devenir pour l'UE un «partenaire stratégique», et c'est naturel que le Brésil soit le premier de la liste (l'Argentine pourrait suivre). Le document de la Commission est un hymne aux potentialités et au capital de sympathie inépuisables dont ce pays bénéficie dans le monde, et en Europe en particulier. L'objectif du partenariat stratégique ne serait pas seulement économique mais aussi largement politique: coopération pour soutenir et renforcer le régime mondial de non-prolifération nucléaire ; promotion des droits de l'homme et de la démocratie: coopération dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités dans le monde ; efforts communs dans les enceintes internationales en matière de changement climatique, et ainsi de suite.

Mais l'essentiel et le plus concret réside évidemment dans le domaine économique et aussi scientifique. La coopération énergétique, bien entendu, les biocarburants en tête ; mais aussi le dialogue sur la politique industrielle et la propriété intellectuelle, l'étude d'un accord Euratom-Brésil, la participation brésilienne au projet Galileo («occasion idéale d'approfondir la coopération industrielle et scientifique»), la révision «de toute urgence» des accords aériens actuels entre le Brésil et les pays de l'Union, etc.

Le Sommet bilatéral du 4 juillet serait l'occasion pour lancer le « partenariat stratégique ». Le Conseil et le Parlement sont invités à se prononcer rapidement sur les principes, et le gouvernement brésilien à faire connaître son point de vue sur le contenu et l'étendue de ce projet. (F.R.)

 

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