Bruxelles, 15/06/2007 (Agence Europe) - Le Bélarus serait-il en train de prendre conscience qu'il a beaucoup à perdre en se retrouvant exclu du système de préférences généralisées (SPG) de l'Union pour non respect des normes internationales sur les conditions de travail ? Alors que se profile l'entrée en vigueur le 21 juin prochain du règlement adopté par le Conseil le 21 décembre dernier et qui prévoit l'exclusion du Bélarus du SPG (EUROPE n° 9321), Minsk souhaite un débat avec les Vingt-sept sur sa participation à ce système. C'est ce qu'a annoncé jeudi le porte-parole de la diplomatie biélorusse, Andreï Popov. L'agence de presse russe Ria Novosti avance un chiffre de pertes pour le Bélarus s'élevant, selon les médias européens, à 400 millions d'euros par an en cas d'exclusion du SPG. « Nous sommes ouverts à la discussion sur ces questions à condition que nos partenaires européens soient eux aussi disposés à dialoguer », a assuré M. Popov, qui juge que, si elle est mise en œuvre, « cette décision sera infondée, contre-productive et antipopulaire ».
La réaction bélarusse semble toutefois un peu tardive. L'Organisation internationale du travail (OIT) a en effet adopté vendredi son évaluation du respect par Minsk des normes internationales sur les conditions de travail au Bélarus. L'évaluation révèle notamment que les autorités bélarusses n'ont pas agi pour assurer la protection de certains droits du travail fondamentaux relatifs à la liberté d'association. Le règlement communautaire 1933/2006 adopté le 21 décembre dernier entrera donc en vigueur le 21 juin prochain et exclura temporairement le Bélarus du SPG. « La Commission regrette qu'en dépit de ses appels répétés, le Bélarus n'ait pris aucune mesure concrète pour faire respecter les droits fondamentaux des syndicats [droit de libre association, NDLR]. Dès que le Bélarus se sera conformé à ses engagements pris à l'OIT, elle proposera que son accès au SPG soit rétabli », souligne la Commission dans un communiqué publié vendredi. « La situation est maintenant entre les mains des autorités bélarusses. La Commission les invite à agir pour assurer le plein respect des droits du travail », conclut-elle. (eh)