Bruxelles, 04/06/2007 (Agence Europe) - Lors d'une conférence organisée lundi par le Lisbon Council, Jean-Claude Trichet a plaidé pour la poursuite de réformes structurelles dans les Etats membres. En dépit des créations d'emplois (12 millions en huit ans d'existence de l'UEM) et de la baisse du taux de chômage (de 10,7% en 1996 à 7,9% en 2006), « les faiblesses structurelles du marché du travail » demeurent, a expliqué le Président de la Banque centrale européenne (BCE), pour qui il reste beaucoup à faire afin d'améliorer notre potentiel. Car si la croissance de la zone euro a atteint son plus haut niveau depuis 2000 (2,8% du PIB), la tendance sur dix ans reste très inférieure à celle des Etats-Unis.
Depuis 1996, le taux de croissance annuel a été de 2,1% du PIB en moyenne alors qu'il était de 3,3% Outre-Atlantique. Ce différentiel de croissance s'explique d'abord par l'écart de la productivité horaire du travail entre les deux zones. Alors que la croissance de la productivité horaire du travail a augmenté aux Etats-Unis depuis le milieu des années 90, celle de la zone euro a diminué, en raison notamment de l'accent mis sur les politiques visant à augmenter l'emploi de la main-d'œuvre non qualifiée. Un autre facteur de cet écart, selon M. Trichet, découle du fait que « l'économie européenne ne tire pas avantage comme le fait l'économie américaine de toutes les opportunités offertes en particulier par les avancées scientifiques et technologiques », y compris dans le secteur des technologies de l'information et de communication (TIC). Au cours des dix dernières années, l'investissement en R&D a été de 1,8% du PIB dans la zone euro, dont 30% consacrés aux TIC, alors qu'il s'est élevé à 2,6% aux Etats-Unis, dont 20% pour les TIC. « Le manque de réformes structurelles suffisantes en Europe est toutefois, selon moi, une cause majeure de la différence de potentiel de croissance (…) », a ajouté M. Trichet, évoquant quatre axes de travail: augmenter le nombre de personnes au travail, accroître la concurrence sur le marché des biens, créer un environnement favorable aux entreprises et améliorer l'éducation, la formation et la R&D. Interrogé par la presse, M. Trichet est en revanche resté muet sur les intentions de la BCE sur les taux. La plupart des observateurs s'attendent à une nouvelle hausse des taux d'intérêt lors de la réunion du Conseil des gouverneurs ce mercredi (EUROPE n° 9424). (ab)