Strasbourg, 26/04/2007 (Agence Europe) - Le Parlement européen a débattu mercredi de la crise politique en Ukraine. La décision du Président Viktor Iouchtchenko d'organiser de nouvelles élections, ainsi que le verdict que doit prononcer le Conseil constitutionnel sur la légalité de cette décision seront suivis attentivement par le Conseil, a assuré au nom de la Présidence de l'UE Günter Gloser, secrétaire d'Etat allemand aux Affaires européennes, qui a précisé que le Conseil, notamment à travers Javier Solana, est en contact avec les deux parties. Il s'agit maintenant d'éviter une escalade de la crise, de faciliter les compromis et de favoriser un vote libre ouvrant la voie à une solution démocratique. Dans ce processus, le Conseil ne doit pas être absent mais maintenir une position neutre: mais M. Gloser a tenu à affirmer sa confiance dans l'esprit démocratique du peuple ukrainien dans cette « crise de maturité » qu'il traverse actuellement.
Le durcissement des fronts entre le Président ukrainien et son Premier ministre Viktor Ianoukovitch est observé avec souci par la Commission européenne, a affirmé le Commissaire Vladimir Spidla (qui représentait la Commissaire Benita Ferrero-Waldner) qui insiste sur l'importance « existentielle » de la stabilité dans ce pays mais relève des éléments positifs, notamment le fait que, pour l'instant, avec ses manifestations pacifiques, le peuple ukrainien semble avoir compris l'importance du maintien de la démocratie. Quel doit être le rôle de l'Union ? Sans s'immiscer directement dans les affaires de ce pays, elle doit faire appel à la raison, lancer un message de confiance et poursuivre la négociation du nouveau accord élargi qui offre de nouvelles perspectives à l'Ukraine, par exemple en ce qui concerne une coopération renforcée dans le domaine énergétique. Pour M.Spidla, l'Ukraine reste un bel exemple du succès de la politique de voisinage de l'Union.
L'Union aurait dû, selon le Polonais Jacek Saryusz-Wolski (au nom du PPE/DE), faire davantage pour éviter ce type de conflit notamment à travers une aide économique pour surmonter le poids du passé soviétique. Pour les Verts, l'Allemande Rebecca Harms estime que la décision du président d'organiser de nouvelles élections était parfaitement justifiée: mais les résultats des élections devront être acceptés par toutes les parties. Le comportement des Ukrainiens dans cette crise est en tous les cas «à des années lumières » de celui de son grand voisin, la Russie. S'adressant à l'interlocuteur précédent (M. Saryusz-Wolski) qui soutient si fortement, et à juste titre, l'Ukraine, Mme Harms a souhaité que la Pologne ait un comportement aussi européen dans d'autres domaines qui touchent à la construction européenne.
La révolution orange en Ukraine n'a pas su surmonter les conflits latents dans la vie politique du pays, constate, pour le groupe socialiste, le Néerlandais Jan Wiersma, en invitant les adversaires à surmonter leurs contradictions et procéder aux réformes. C'est en avançant sur la voie ouverte par cette révolution pacifique que l'Ukraine va préserver de bonnes relations avec l'Union, estime à son tour le Hongrois Istvan Szent-Ivanyi, pour le groupe ALDE. Le Letton Guntars Krasts, pour l'UEN, a plaidé pour que la possibilité d'une adhésion de l'Ukraine à l'Union reste ouverte, évidemment avec la rigueur qui s'impose. L'Allemand Helmuth Markov, s'exprimant pour la GUE/NGL, a suggéré d'inviter les deux parties simultanément à Strasbourg, pour un débat commun. (lg)