Bruxelles, 26/04/2007 (Agence Europe) - La Présidence allemande et l'administration Bush mettent la dernière main aux trois déclarations qui seront adoptées le 30 avril lors du Sommet UE/Etats-Unis à Washington et qui porteront sur le renforcement de la relation transatlantique, les questions de sécurité et de politique extérieure et celles liées à la protection climatique et à l'énergie. Ce dernier point reste le plus sensible, confirmait-on jeudi du côté de la Présidence, qui veille à tempérer les attentes. Lundi, la chancelière allemande, Angela Merkel, rencontrera dans un premier temps le Président américain George Bush, avant que les discussions se poursuivent avec notamment autour de la table, pour les Européens, le Président de la Commission, José Manuel Barroso, ou le Haut représentant de l'UE pour la PESC Javier Solana. En marge du Sommet dimanche soir, le commissaire au Commerce Peter Mandelson retrouvera son homologue américain, la représentante au Commerce Susan Schwab, pour une réunion consacrée aux négociations de Doha.
Egalement en marge du Sommet, la secrétaire américaine aux Transports Mary E. Peters et le Commissaire européen Jacques Barrot signeront l'accord Open skies, qui doit entrer en vigueur au 31 mars 2008. A cette occasion il sera fait référence au lancement de la seconde phase de négociation, qui débutera au premier semestre 2008 et qui doit permettre un espace aérien transatlantique ouvert et pleinement libéralisé. Cette deuxième étape doit être conclue au plus tard pour 2010 (EUROPE n° 9392). Les Européens rappelleront aussi leurs prétentions par rapport au programme américain en matière d'exemption de visa (« visa waiver »), dont douze Etats membres sont exclus, et à la transmission des données personnelles des passagers aériens (PNR), a souligné la Présidence.
L'initiative économique marquera un engagement politique en faveur d'un marché transatlantique sans entraves, par le biais d'une réduction des barrières non tarifaires et règlementaires et de projets phares. Le projet de texte prévoit en effet de renforcer toute une série de dispositifs déjà en place afin d'accroître la coopération règlementaire. Une autre annexe identifie des projets prioritaires de croissance (dans les domaines de la propriété intellectuelle, du commerce, des investissements, des marchés financiers et de l'innovation) pour lesquels des progrès sont attendus au plus tard d'ici le prochain Sommet en 2008. L'accord cadre adopté lundi mettra aussi en place un Conseil économique transatlantique ('Transatlantic Economic Council') chargé du suivi et de l'ajustement de ces objectifs. Cette enceinte, qui devrait se réunir une fois par an, sera co-présidée par un Commissaire (selon toute vraisemblance Günter Verheugen) et un haut représentant de l'administration américaine. Ce Conseil s'appuiera sur un groupe de personnalités aguerries aux questions transatlantiques, en particulier des personnes à la tête des structures de dialogue transatlantique déjà existantes, ainsi qu'éventuellement des représentants d'autres entités gouvernementales.
La déclaration politique et sur les questions de sécurité consiste en un tour du monde des principales zones sensibles (Liban, Syrie, conflit israélo-palestinien, Iran, Irak, Afghanistan, Kosovo, Darfour, Amérique latine, etc.) et se penche sur des thèmes transversaux (lutte contre le terrorisme, gestion de crises, armes de destruction massive). « Mais on verra si on peut couvrir l'ensemble des points à l'ordre du jour », a confirmé la Présidence. Les relations avec la Russie, au plan politique et énergétique, seront aussi abordées, a indiqué l'ambassadeur américain auprès de l'UE, Boyden Gray.
« Nous veillerons à ce que l'on dise que des deux côtés de l'Atlantique, la coopération climatique représente une thématique importante », a déclaré une source de la Présidence allemande, qui reconnaît que le Sommet de lundi est plus une « étape » dans l'attente de celui du G8 des 7 et 8 juin à Heiligendamm, où la Chine et l'Inde seront aussi présents. A Washington, il s'agira plus de constater la disponibilité des Américains à discuter d'une question, qui illustre une « approche assez divergente », ceux-ci s'appuyant beaucoup sur les nouvelles technologies énergétiques et les autres, les Européens, plutôt sur des objectifs quantitatifs, a ajouté la Présidence. M. Gray a en effet confirmé jeudi l'accent mis par Washington sur la promotion des nouvelles technologies. La déclaration conjointe pourrait ainsi ressembler à un état des lieux des efforts mis en œuvre de part et d'autre, au plan des nouvelles technologies énergétiques (charbon propre, capture et stockage de CO2), des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. Les Européens réaffirmeront ainsi leurs positions établies par le biais du Plan d'action pour la politique énergétique de l'Union (EUROPE n° 9383). « Assurer la sécurité et l'accès à des approvisionnements énergétiques et traiter le changement climatique sont des défis mondiaux centraux et interconnectés auxquels fait face la communauté internationale », indique le dernier projet de texte en circulation. Ces questions nécessitent « une action globale urgente et durable et une approche politique intégrée », explique le texte, qui plaide à ce stade pour « une action renforcée » des pays industrialisés et des principales économies émergentes. En vue de la prochaine conférence de l'ONU sur le changement climatique, qui a lieu à Bali en décembre 2007, la déclaration devrait par ailleurs se contenter de souligner l'intention des partenaires de travailler ensemble ainsi qu'avec d'autres pays, mais ne pas appeler à lancer les négociations sur la politique climatique post-Kyoto en Indonésie. (ab/eh)