Bruxelles, 16/03/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a proposé, vendredi 16 mars, d'imposer des mesures antidumping définitives applicables aux fraises fraîches, cuites ou congelées en provenance de Chine. Les experts des Etats membres chargés des questions antidumping avaient déjà, la semaine dernière, exprimé un avis majoritairement favorable à ces mesures, qui doivent toutefois encore être entérinées formellement par le Conseil des ministres de l'UE.
Le bras de fer interne à la Commission a donc tourné à l'avantage de la DG Agriculture qui soutenait que les producteurs polonais ont effectivement été durement touchés par l'importation massive, à bas prix, de fraises chinoises (EUROPE n° 9370). La DG Commerce, de son côté, était plutôt sensible aux arguments de certaines industries européennes de fabrication de confitures, jus de fruits et yaourts, qui souhaitaient continuer à pouvoir s'approvisionner à bon compte sur le marché chinois (EUROPE n° 9291 sur les arguments défendus par l'Organisation européenne des industries transformatrices de fruits et légumes, l'OEITFL).
Après avoir imposé, à partir du 19 octobre 2006, un droit antidumping provisoire de 34,2% sur les importations de fraises fraîches et congelées chinoises, la Commission recommande donc aux Etats membres de pérenniser des mesures antidumping à partir du 19 avril 2007. Elle propose d'imposer un prix minimum à l'importation d'environ 685 euros/t (avec des variations selon les produits). Les fraises chinoises vendues dans l'UE ne peuvent donc pas descendre en dessous de ce prix, sinon les opérateurs chinois devront payer une taxe correspondant à la différence entre le prix réel et le prix minimum à l'importation. « Les producteurs communautaires » de fraises « ont subi un préjudice substantiel au cours de la période considérée et ont fait état de pertes à hauteur de 12,5% du fait d'importations faisant l'objet d'un dumping », analyse la Commission, qui explique que l'objectif d'un prix minimum à l'importation est le même que celui d'un droit ad valorem, « à savoir éliminer les effets d'un dumping préjudiciable ». (lc)